S G U
observé quecesouvragesétaienttrop délicats pour être faits auxciseaux , reconnut bientôt qu’onavait eu recours aux' acides ;mais il fallut faire des essais :plusieurs acides jaunirent lemarbre blanc. Il fit aussi l’essaide plusieurs vernis , jusqu’à cequ’il en trouvât un qui fût fa-cile à employer, qui séchâtbien et qui fût impénétrableaux acides j telle est la mar-che que l’on est toujours obligéde tenir dans les recherchesque l’on veut faire. Voici sonprocédé.
On prépare un vernis en pul-vérisant tout simplement unmorceau de cire d’Espagne , quel’on fait dissoudre dans de l’es-prit-de-vin; on trace sur dumarbre blanc, avec un crayon,le dessin que l’on veut formeren relief, et on couvre délica-tement avec un pinceau trempédans ce vernis, ces endroits;en moins de deux heures, cevernis est bien sec. On préparependant ce temps un dissolvantque l’on fait avec parties égalescl’esprit-de-sel et de vinaigredistillé; on verse cette liqueursur le marbre; elle dissout lesendroits qui ne sont point re-couverts de vernis ; lorsque l’a-cide a cessé de fermenter, etque par conséquent il ne pérîtplus dissoudre le marbre, onen remet de nouveau , qu’onlaisse agir jusqu’à ce que lefond soit suffisamment creusé.Il faut observer que s’il y adans le dessin des traits déli-cats, et qui doivent être moinscreusés, on les couvrira d’abordde vernis pour empêcher que
s C U 37
l’acide n’agisse dessus ; maislorsqu’on aura obtenu les re-liefs les plus profonds, on la-vera bien ie marbre, et on en-lèvera avec la pointe d’uneépingle le vernis de dessus lestraits délicats ; on versera denouvel acide, qui ne creuseraqu’autant qu’on le désirera ,parce qu’on aura soiu de l’ôteràpropos.
Il est nécessaire d’observerque lorsque l’acide a agi dansles endroits découverts, il rongepar-dessous le vernis, et il élar-git les traits à mesure qu’il ap-profondit ; c’est pourquoi il fautavoir soin de faire un peu plusfortes les parties qu’on veutépargner, afin que faction la-térale que fait l’acide, les metteau point où elles doivent être.
Quand l’ouvrage est entière-ment fini, on enlève le vernisavec de l’esprit-de-vin, et com-me les fonds seraient très-diffi-cilesà polir,on peut lespointil-ler avec des couleurs ordinairesdélayées dans le vernis de gom-me laque, comme on voyait quel’étaient les ouvrages de cetteespèce.
On peut, en alliant ces deuxopérations, et en colorant lesfonds ou les reliefs qu’on auraainsi gravés, se procurer des ou-vrages qui feront un effet très-agréable. Avec l’ivoire on fait,en suivant ce procédé, les ou-vrages les plus délicats ; maisl’acide agit plus lentement surl’ivoire, et on est obligé d’en re-mettre plus souvent pour obte-nir ses reliefs.
Si on parvient ainsi à sculp-ter délicatement le marbre, on
' 5 ,