Quoiqu’il en soit de cetteidée, la blancheur de la soiede la Chine , à laquelle nulleautre ne peut être comparée, larend seule propre à la fabriquedes blondes et des gazes. Lesefforts qu’on a faits pour luisubstituer les nôtres, dans lesmanufactures de blondes, onttoujours été vains, soit qu’onait employé des soies apprêtéesou non a|)prétées. On a été unpeu moi ns mal heureux à l’égarddes gazes. Les soies les plusblanches de la France et d'Ita lie , l’ont remplacée avec uneapparence de succèsj mais leblanc et l’apprêt n’ont jamaisété si parfaits.
Dans le dernier siècle, lesEuropéens tiraient de la Chine fort peu de soie. La nôtre étaitsu Misa nie pour les gazes noiresou de couleur, et pour les mar-lis qui étaient alors d’usage. Legoût qu’on a pris depuis qua-rante ans, et plus généralementdepuis- vingt-cinq pour les ga-zes blanches et pour les blon-des, a étendu peu à peu la con-sommation de cette productionorientale. Elle s'est élevée dansles temps modernes, à quatre-vingt milliers par an, dont laFrance a toujours employé prèsdes trois quarts.Cette importa-tion a si fort augmenté, qu’en1766, les Anglais seuls en ti-rèrent cent quatre milliers.Comme les gazes et les blondes11e pouvaient pas la consom-mer , les manufacturiers en em-ployèrent une partie dans leurs[fabriques de moires et de bas.Ces bas out sur les antres l’a-vantage d’une blancheur écla-
tante et inaltérable, mais ilssont infiniment moins fins.
Indépendamment de cettesoie d’une blancheur unique,qui se recueille principalementdans la province de Tche-Kiang , et que nous connaissonseu Europe sous le nom de. soiede Nankin , lieu où on la fa-brique plus particulièrement,la Chine produit des soies com-munes que nous appelions sciesde Canton. Comme elles 11e sontpropres qu’à quelques trames,et qu’elles sont aussi chèresque celles d’Europe qui serventaux mêmes usages, 011 en tiretrès-peu. Ce que les Anglais etles Hollandais eu exportent, nepasse pas cinq ou six milliers.(Histoire Philosophique des deuxIndes , par l’abbé Ra ynal, tciri.III, p. 215 . )
M. de Réaumur, examinantles vaisseaux qui contiennent lamatière soyeuse , que filent lesvers à soie , a reconnu qu’elleétaft de la nature des gommes ,et que cette gomme en sortantdes filières acquérait de la soli-dité , et devenait soyeuse. Ilpensait qu’il ne serait peut-êtrepas impossible de trouver desgommes ou résines qui , étantfilées, puissentdomier de sem-blables produits. O11 annoncedans les papiers anglais , qu’unouvrier industrieux a trouvé lesecret de préparer une espècede fil qu’011 nedésigue pas, avecune sorte de gomme, et de lindonner la qualité de la soie.L’auteur a déjà , dit-on , reçu degrandes récompenses.
On peut voir dans notre Ma-nuel du Naturaliste , au mot