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semble plusieurs fils de soie oude coton , pour n’en faire qu’unseul de la force la plus consi-dérable.
La perfection des ouvragesmanufacturés dépend en grandepartie de la première prépara-tion qu’on donne aux matièresdestinées à leur fabrication ;M. (•Joua deGrandpré avait in-venté une machine qui parais-sait bien propre il perfectionnerconsidérablement la qualité denos soies , et d’autant plus utilequ’elle étaitfort simple, très-peudispendieuse , et que, d’ailleurs,elle pouvait s’adapter au tourordinaire dont on se sert pourtirer les soies de dessus les co-cons. Elle consistait en un cadred’environ ici poucesde longueursur 6 de large, lequel,outre lesdeux filières, portait 8 petitespoulies placées à distances con-venables , et qui devait être po-sé sur la partie antérieure dutour ordinaire ; les fils en sor-tant des filières glissaient sur ces8 poulies, et on ne les croisaitqu’un seul tour seulement entrois différens endroits ; ce quia fait donner à cette machine lenom de triple croisade. Ces sim-ples croisures, avec l’opérationdes poulies, collaient parfaite-ment les brins à mesure qu’ilss’échappaient du cocon, et des-séchaient encore mieux les filsde soie : comme ils tiraientbeaucoup en montant sur le dé-vidoir, il en résultait un alon-gement modéré , qui donnaità la soie plus de légéreté, plusde finesse, plus de nerf et plusde brillantjc’était le résultat dequatre années d’expériences
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dans différentes manufactures.Il était très-facile de se procu-rer ces avantages, puisque lavaleur de la machine ne pouvaitexcéder le prix de 5o sols pourchaque tour.
§ II. Décreusement de la soie.
La soie en sortant de dessusles cocons a une roideur qui nepermet guère de l’employertelle qu’elle est ; cette roideurlui vient d’une sorte de vernisdont elle est naturellement en-duite, et que l’on enlève avecdu savon , qui est le seul dissol-vant de-ce vernis, sur lequell’eau et l’esprit-de-vin n’ontpoint d’action ; par ce moyen onrend toutes les soies blanches.
Le bain de savon qui a servià cuire la soie se corrompt aisé-ment : si même on garile pen-dantô ou 7 jours un morceau desoie qui n’a pas été lavé de sacuite , il prend une mauvaiseodeur , et il s’y forme des verssemblables à ceux de la charo-gne. Ces vers cependant tie man-gent point la soie, mais seule-ment le savon mêlé de gommedont elle reste mouillée.
Les blondes et gazes sont fai-tes avec des soies dont on n’apas ôté le vernis, et qui, ayanttoute leur gomme, en sont pluscrues et plus fermes.
Les soies crues prennent plusaisément la teinture que lessoies cuites.
Sans l’art de décretiser ouplutôt de décruer la soie , cettematière si précieuse aujourd’huiserait presque sans usage dansnos manufactures ; ce n’est qtj^-