Soi
près avoir reçu celle prépara-tion qu’elle acquiert une par-faite blancheur, et qu’elle de-vient douce, souple , suscepti-ble d’être bien atteinte par lateinture , et propre à un grandnombre d’ouvrages auxquelselle ne pourrait se prêter à causede sa roideur naturelle lors-qu’elle est crue, c’est-à-dire en-rôle couverte de l'enduit gom-mo-résiueux, dont lèvera soiel’enveloppe en filant son cocort.
Cet-art si essentiel n’est ce-pendant pas encore porté parminous au pointde perfection quel’on pourrait desirer , et dont ilest même susceptible. Les In-diens et les Chinois, plus fa-vorisés à tous égards que lespeuples européens , en ce quiConcerne la teinture, ont, à cequ’on assure, chez eux un fruitdont le suc combiné avec l’ai-kali de la soude , forme un sa-voir bien supérieur au nôtrepour le décrément de la soie Lagrande quantité d'hui le qui en-tre dans la composition de cedernier, bouche les pores de lasoie-, s’oppose à l’applicationparfaite des particules teignan-tes 5 elle fait couler les blancs,changer les gris de lin, les lilas ,les violets, et rend en général lescouleurs moins solides.
li n’est donc pas étonnantqu’on se soit occupé si sérieuse-ment, depuis plusieurs années,de la recherche d’un nouveaudécru ment oit notre savon ne fûtpas nécessaire. L’Académie deLyon avait proposé un prix à cesujet , et elle l’a décerné en17Ô9. à M. Rigault, physicienet chimiste de la marine du roi,
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qui dans son mémoire avaitdonné un procédé pour décruerla soie parfaitement, parle se-cours de la soude seule , et quin'en altère point la qualité ,puisque cette soie fut ensuiteracilenientdevidée et employée.
Ce procédé . qui reniplissaittoutes les conditions proposéespar le programme de l'Acadé-mie de Lyon , et qui était pluséconomique que le savon , n’apu cependant être admis dans laprat ique , parce que la soie ainsipréparée ne peut recevoir unblanc parfait , même en la pas-sant au soufre ; et que, d’ail-leurs , la soude n’étant pointtempérée par l’huile, elle exi-gerait dans la cuite de la soiedes ménagemens qu’on ne peutdemander a des artisans gros-siers pe» attentifs , et embar-rassés par de grosses parties àteindre.
Sur la fin de l’année 1766, onprésenta à la même Académiedes échantillons de soie en-voyés de l’arme, et dénuéspar une méthode inconnue ,dans laquelle on assurait qu’iln’entrait aucun des ingrédiensdont notre savon est composé.Les expériences en avaient étéfaites par ordre de l’Infant duc,et suivant le certificat de M.Goin, inspecteur du commerce,qui y avait été présent, l'au-teur n’y avait employé qu’undpoudre blanche, assez douce auloucher, et qui ne laissait surla langue aucune impression desels alkalis ou corrosifs j reséchantillons étaient bien dé-crues , et paraissaient avoirconservé leur nerf ; ils donné-a