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ilont la destination n’est pasexactement connue. Ne pour-rait-on pas soupçonner , avecquelque fondement , que ceconduit souterrain a été fait ,pour ainsi dire, d’un seul jet ,c’est-à-dire d’un mélange li-quide de sable tiré du Rhône ,qui passe à quelque toise de cetouvrage ,de briquepilée, d’ex-cellente cliaux et d’eau ? Onaurait jeté ce mélange sur desceintres ou armatures enduitesd’une matière huileuse, afind’em pêcher l’adhérence du mas-licou béton. Lorsque celte voûteaurait été consolidée, on l’au-rait décintrée , en employantun moyen semblable à celuidont les Turcs se servirent ausiège de Candie , pour faireébouler les galeries de leursmines sur ceux qui les y pour-suivaient. « Mais pour quelle»> raison une construction aussi» simple et aussi économique» que celle de ce souterrain ,» n’a-t-elie pas été imitée dans» des cas pareils? Nepourrait-» elle pas l’être dans quelques» autres ouvrages? »
A cette question , proposéedans le Journal de la Blanche -rie , 1786, p. 5 zi , M. Boulard,architecte de Lyon , a fait laréponse suivante: « Les Ro-mains construisirent l’aqueducci-dessus , pour amener deseaux à une naumacliie situéedans l’emplacement de l’hôtelde ville et bâtiment dé la comé-die de Lyon . La compositionde cet aqueduc n’est point unmastic, mais un composé degravier et de chaux fusée , etemployée encore chaude ; c’est
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ce qu’on appelle béton. La voûtea été construite avec des pierreset du mortier ordinaice. Unegrande partie de cet aqueducest construite en béton , et danscette partie il n’y a point dûciment en briques pilées. Lebéton est très-connu etsouventemployé à Lyon . On en faitusage lorsqu’on construit l’airedes bassins ou pièces d’eau,ainsi que leurs contre-murs ; onl’emploie encore pour lès fon-demensde divers bâtïméns. Onen fait les murs des citernes etceux des nouveaux sacs des la-trines , dont l’aire , les murs etla voûte sont pour ainsi dirèd’une seule pièce , et tiennentl’eau comme un vase. Il y abeaucoup de voûtes, aux envi-rons de Lyon , qui ont été faitesavec du béton, et dont l’arc esttrès-surbaissé. On n’y aemployéaucune pierre de taille , pasmêmeà l’ouverture de la trappe.Mais pourquoi le béton 11’est ilpas connu et en usage dans loutèla France ? c’est qu’il n’y aqu’u 11echaux qui lui convienne,celle qui est faite avec de 1^pierre coquilliaire. Composéavec cette chaux, le béton sèdurcit dans l’eau ; mais celuique l’on fait avec la chaux depierre de clioin , qui est uneespèce de marbre, n’y durcitnullement. J’ai l’expériencequ’un tel béton employé dansl’eau, au bout de 12 ans n’a pasplus de consistance qu’une pâte.Celte chaux ne peut servir à )aconstruction des citernes, eli'pne tiendrait pas l’eau , et le bé-ton qui sécherait au-dessus del’eau tomberait de lui-même eji