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La Suisse balnéaire et climatique : ses eaux minérales, bains, stations climatiques d'été et d'hiver, établissements hydrothérapiques, etc / par ... Eugène de La Harpe
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On voit quil y a des eaux sulfureuses chlorurées (Lox-torf, Schinznach, Lavey , Baden), alcalines avec bicarbo-nate de soude (lleuslrlch, Schimberg , Champéry ), cal-caires (La Lenh, Gurnigel , etc.), salines par le sulfate desoude ou de magnésie (Lavey, Baden).

L'élément commun de toutes ces eaux est lhydrogènesulfuré, car les sulfures de quelques-unes dentre elles sedécomposent et donnent naissance à de lhydrogène sul-furé, ou parfois aussi à du soufre, qui, sil est en quantitésuffisante, constitue un purgatif doux. Ce gaz pénètre dansla circulation soit par lestomac, dans la cure par la bois-son, soit par la peau et les poumons, dans la cure bal-néaire. 11 est éliminé par les reins, les poumons, la peau ;les sulfates de lurine augmentent. Lhydrogène sulfuréaune action toxique sur les globules rouges, dont il chasseloxygène, en se combinant à sa place avec lhémoglobine.On a dit que son action se portait surtout sur les hématiesanomales ou usées, mais cest une pure hypothèse. Ilralentit les battements de cœur; on lui suppose une actioncholagogue excellente et curative.

Les bains sulfureux agissent tant par leur action exci-tante sur le tégument que par labsorption du gaz à traversia peau (il nest pas prouvé que la quantité absorbée estfaible) ou par les poumons, le baigneur respirant un mé-lange dair et de gaz. Il est difficile de faire le départ de cesnombreux facteurs : bain chaud, gaz, sels contenus dansleau. A la longue, lhydrogène sulfuré a une influence dé-primante sur la circulation et la respiration ; mais il ac-tive les fonctions de la peau et moditie profondément leséléments intimes de lorganisme.

Peu deaux minérales ont soulevé daussi vives discus-sions que les eaux sulfureuses : on est tombé dun côtédans un naïf excès de confiance, de lautre dans un scepti-cisme outré qui, chose curieuse, admet à peine lactionthérapeutique de lhydrogène sulfuré, tout en faisant desombres tableaux de son action toxique. Il est vraisem-blable cependant quun agent aussi actif que ce gaz, péné-trant partout, expulsé par exemple par la peau quand onse borne à boire leau sulfureuse, ne peut manquer din-lluencer les éléments les plus délicats de lorganisme.Dans les bains sulfureux, lhydrogène sulfuré peut agircomme le chlorure de sodium, lacide carbonique dautresbains. On oublie trop souvent aussi que de grands effets