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La Suisse balnéaire et climatique : ses eaux minérales, bains, stations climatiques d'été et d'hiver, établissements hydrothérapiques, etc / par ... Eugène de La Harpe
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7 h. 12 h. 7 li. moy.

Juillet. . . . (3.8 19.7 15.6 16.3

Août.13.7 18-8 15.3 16.0

Il est rare que le thermomètre s’élève au-dessus de 27.5°. Ilrésulte de la position des bains et de la brièveté de l’insolationjournalière, que la saison est très courte, le commencement del’été et l’automne étant trop froids pour qu’on puisse séjournerà Pfæfers , surtout en faisant une cure de bains chauds.

L’historique de Pfæfers est des plus intéressants; on le trou-vera en détail dans les ouvrages de Kaiser. Meyer-Ahrens,GseU-Fels, etc. On y verra ce qu’était au moyen âge la foi dansles vertus curatives des eaux minérales. Cet historique est inti-mément lié à celui du couvent àe Pfæfers , auquel apparte-naient les sources. Elles furent découvertes par un chasseur en10118; on les utilisa deux siècles plus tard pour les bains. Onparvenait à la source, dans ces temps reculés, depuis le villagede Pfæfers . Arrivé au bord des rochers dont nous avons parlé,on descendait soit par de mauvaises échelles, soit attaché à unsiège suspendu à des cordes. Une fois arrivé à destination, onavait l’habitude de rester plusieurs jours dans l’eau chaudesans en sortir, sans doute pour abréger une cure peu agréable,au fond d'une gorge obscure avec des rochers surplombant au-dessus de la tête, et laissant à peine passer une fois par jourun mince rayon de soleil. On construisit auprès des sources despiscines, placées sur des poutres jetées au-dessus du torrentd’une rive à l’autre, et des auberges primitives. En 1545, on éta-blit aussi un escalier en bois conduisant au sommet de la paroide rochers, soit du côté de Pfæfers , soit sur l’autre rive ; ce futun grand progrès. En 1(330, l’abbé Jodocus transporta les Bainsà l’endroit où ils sont aujourd’hui, à 680 pas plus bas que lasource, et y éleva des bâtiments qui furent remplacés par lesbains actuels au commencement du XVIIl® siècle. Dans le coursde ce dernier siècle, la cure de Pfæfers prit une forme plusprécise ; on la faisait à peu près comme celle que l’on prescritencore aujourd’hui, mais dans des proportions plus modérées,à Louèche, c’est-à-dire par le bain prolongé que l’on portaitjusqu’à 10 heures par jour et jusqu’à production d’une poussée.En 1838, le couvent de Pfæfers fut sécularisé sur la demandedes moines eux-mèmes. L’Etat de St-Gall devint propriétairedes domaines du couvent et de la source ; il ne tarda pas à cons-truire, non sans peine, la route carrossable de Ragatz à Pfæfers .En 1849, on amena l’eau de Pfæfers à Ragatz, ce qui ouvritune nouvelle ère pour cette eau minérale. A Pfæfers , on a faitd’importantes améliorations dans ces 50 dernières années : on amieux capté les anciennes sources, en mettant à sec le lit de laTamina et l’on a découvert de nouvelles veines d’eau chaude ;enlin, en 1860, par un tunnel creusé dans le roc, on a augmentéconsidérablement le débit d’une ancienne source.

On parvient aux sources, à 450 m. des Bains, par un cheminpeu agréable, mais du moins absolument sûr, tracé le long dela paroi droite de la gorge, tantôt creusé dans le roc, tantôt