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Tome premier.
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les preuves morales del'existen-ce d’un Dieu ; c’est encore l 'An-tilucréce traduit par M r . deBougainville, qui nous les four-nit ; nous ne íçaurions trop in-culquer une vérité qu’il impor-te tant à l’homme d’avoir con-tinuellement présente à l'esprit,8c qui doit nous servir dans laluire à réfuter tant d’opinionsimpies dont on a infecté leso uvrages de Physique.

S’il n’existe pas un Etre sou-verain qui par des loix équita-bles mette un frein aux pas-sions des hommes ; qui les pé-nétrant de la lumière ou leurparlant par l’organe des Légis-lateurs , les éclaire ou les ins-truise , répande sur les actionsunjour qui en dévoile la natu-re 8c leur attache un caractèreinvariable qui les distingue ;dès-lors il n’est plus de justice ;les mœurs n’ont plus déréglés ;le bien 8c le mal feront con-fondus ; l’opinion feule en dé-cidera ; toutes les actions deshommes considérées en ellcs-mêmes, ne mériteront aux yeuxd’un Philosophe , ni louange niblâme. Nulle différence entresauver ion pere 8c lui plongerle poignard dans le sein. En-vahi coníultera-t-on la nature:aveugle , elle ne peut offrir àies enfuis que de sombres 8cfauíìes lueurs* Le crime com-

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mis dans les ténèbres 8c fac-tion vertueuse faite dans l'obs-curité auront donc un mériteégal. Le nom les distingueraseul 8c le caprice fixera le prixde Tune 8c de l’autre.

Quelles seront les conséquen-ces de ces pernicieuses maxi-mes ? Que ne produiront-ellespas dans un homme né féro-ce 8c d’un tempérament fou-gueux ? Si méprisant le Ciel 8clibre de toute crainte , un telhomme ne connoît de bonheurqu’à vivre dans l’abondance ,à satisfaire tous ses désirs ; s’ilest convaincu que chacun denous doit rentrer dans le néant,que le hazard fait tout naîtreou tout périr, que les chagrins8c la douleur font les seuls motsredoutables aux mortels ; s’a-bandonnant par íìstême au gréde ses pallions , de quoi ne se-ra-t-il pas capable ? Craignonstout de lui , dès-qu’il croirapouvoir ensevelir les forfaits*Le vol, le meurtre , le poison ,la calomnie ne lui coûterontrien pour peu que la violen-ce de ion caractère l’entraînevers ces crimes , ou que la vo-lupté les lui commande. Alal-gré vos remontrances , à quel-que excès que le porte son im-pétuosité naturelle , cet excèsest la seule fin qu’il doive seproposer , est le terme unique.