MAT MAT 507
blîes sur d’a(Je-{ bons fondemens , fans le secours des preuves deVimmatérialité de VAme tirées de la Philosophie ; puisqu'il estévident que celui qui a commencé a nous faire subfister ici commedes Etres sensibles & intelligens, & qui nous a conservés plufieursannées dans cet état , peut & veut nous faire jouir encore d'un pa-reil état de sensibilité dans l'autre monde , & nous y rendre capa-bles de recevoir la rétribution qu'il a destinée aux Hommes selonquils se seront conduits dans cette vie.
Ce Matérialisme , auiìì dangereux peut-être que le premier, estdonc fondé sur le raisonnement suivant : la matière, dit Locke,ne nous est pas parfaitement connue ; donc nous ne pouvonspas fixer les bornes de fa Puillànce; donc nous ne pouvons pasdécider ce quelle peut , ou ce quelle ne peut pas acquérir.
Est-ce là raisonner? répond M. le Cardinal de Polignac. Quoi!dit-il y le Physicien n’a pas encore découvert toutes les mer-veilles de l’Aiman ; donc il ne pourra pas dire que l’Aimann’est pas un Anirpal; donc il ne pourra pas assurer que cen’est point par amour qu’il attire le fer. Le Géomètre ne con-noît pas toutes les propriétés du cercle ; donc il ne doit pasavancer que le cercle ne peut pas être un triangle. Belles con-séquences que celles-là ! Nous n’avons pas , j’en conviens, uneconnoilìànce parfaite de la nature de la matière ; mais nouslui connoiílbns des propriétés qui excluent auíîì-bicn la puis-sance de produire une pensée , que la nature du cercle exclutla nature du triangle. Ces propriétés font la divisibilité , l'ex-tension , la figure, mais sur-tout l’inertie &. l’inaélivité dela matière.
Si les Matérialistes qui donnent de si grandes louangesà locke , faisoient attention aux dernières paroles que nousvenons de rapporter de ce Philosophe, ils ne scroient pas aus-si attachés qu’ils le paroiílent à leur sentiment. Ils ne l’em-braílènt cet abominable sistême que pour se persuader que leurAme , mortelle de sa nature , doit périr avec le corps. Maisqu’ils sçachent que, de l’aveu même de Locke , l’Ame pourroit,étant matière , être conservée éternellement par le SouverainEtre. Non-feulement Dieu le peut, dit Locke , mais il le doit ypour que l’Ame reçoive après cette vie la récompense due àses bonnnes actions , ou le châtiment que méritent ses crimes.
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