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qu’il n’y a de carbone détruit que celui qui est brûlépar l’oxigène de la fonte. Aussi a-t-on soin de laisser lebain de fonte recouvert par les scories, qui l’abritentdu contact de l’air, et de laisser ce bain long-temps enrepos avant de chercher à rassembler par le brassageles molécules métalliques qui se séparent. Il reste tou-jours par ce moyen une grande quantité de carbonecombiné avec le Fer , ce qui constitue Varier.
Lorsque l’on fait de l’acier naturel, on retire presquetoujours de la forge , vers la fin de l’opération , une ouplusieurs loupes de Fer ; mais ce Fer est un peu dur;il convient pour les instrumens de labourage.
L’acier naturel a le défaut d'être rarement homogène ;il renferme des pailles, et sur-tout des parties qui serapprochent plus ou moins de l’état de Fer . On corrigeen grande partie ce défaut en réunissant plusieurs barresen paquets ; on les soude et on les forge ensemble parune chaude suante *, et on tire ces diverses pièces enune seule barre, que l’on replie quelquefois plusieursfois sur elle-même, en la soudant et la forgeant de nou-veau. L’acier qu’on obtient par ce moyen , est beau-coup plus homogène , et principalement employé àfaire des faulx.
On fait de l’acier naturel dans les Pyrénées ; à Rives,département de l’Isère ; en Styrie et en Carinthie , &c.
2 . L’objet qu’on se propose dans la fabrication de Acier de etVarier de cémentation, est d’introduire dans du Fer déjàfait et d’une qualité connue, la quantité de carbone quiest nécessaire pour l’amener à l’étal d’acier. Pour rem-plir cet objet, on met des barres de Fer dans des caissesde terre réfractaire qui sont remplies ou de poussièrede charbon ou de cément ; c’est une poudre composéede matières propres à donner du charbon par leurdécomposition. Le tout est recouvert d’une couche de
1 On nomme ainsi la chaleur susceptible de ramollir le Fer aupoint d'en faire bouillonner la surface.