2 88 RUINES
à sa mémoire, et aux faits historiques en ques-tion , je veux dire aux tombeaux élevés à deschevaux , par les habitans d’Agrigente ; il me sem-ble que les deux systèmes seront également faux ,également ruinés? J’ai des yeux, et je m’en sersencore : après avoir parcouru la Sicile en toutsens; après avoir observé tous les monumens an-térieurs à la dernière invasion des Romains, jeveux dire à la prise de Syracuse ; je n’en vois pasun seul qui, soit dans son ensemble, soit dans au-cune de ses parties, me présente, en effet, legenre dé construction que j’ai maintenant sous lesyeux ; tous ces mêmes monumens sont de celteespèce d’ordre , communément nommé dorique ;et que j’ai distingué moi-même, par le nom dedorico-étrusque, ougréco-sicule ; le monument enquestion m’offre, au contraire, l’ordre ionique ;d’où je me crois autorisé à conclure, que ce mo-nument est d’une date postérieure à celles de tousceux que j’ai vus ; et que, conséquemment, cen’a pu être le tombeau , ni de l’ancien tvran d’A-grigeute , ni d’aucun des chevaux dont Diodore aparlé? Quant à ce qu’il fut en effet, j’abandonnevolontiers aux d’Orviles futurs, le plaisir de rêver,après lui.
Ici finit, pour l’observateur, le plus grand in-térêt de la course ; le petit nombre d’objets à voirencore, sont plus intéressans dans les livres, que surles lieux mêmes ; dans ce nombre je placerai lesruines d’un prétendu temple d’Esculape ; celles