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Au-delà de Sch/owis on passe à gué un torrent, qui, paisible et pres-que à sec pendant les chaleurs de l’été, comme il arrive dans tous lespays de montagnes, se gonfle et dévaste ses rives à la suite des oragessi fréquents dans ces âpres contrées. Un événement de cette natureeut lieu dans la nuit du 3 août 1823 et fut accompagné de circon-stances, qui en feront long-temps durer le souvenir. La soiréeavait été terrible; d’épais nuages descendus jusqu’au pied des montss’entr’ouvraient à chaque minute pour vomir la foudre; les échos duciel confondus avec ceux de la terre retentissaient d’un horrible fracas;des torrents de pluies se précipitaient du haut des célestes cataractes; tout-à-coup le ruisseau de Schlowis déborde avec une incroyable impétuosité.Tout ce qui se trouve sur son passage devient sa proie; les maisons, les ar-bres, les rochers sont emportés avec fureur. Les habitants épouvantés seréunissent sur ses bords élargis el cherchent à opposer quelques diguesau fléau qui menace de les engloutir. Vains efforts! rien 11e saurait arrêterla violence des flots. Une femme, une mère osa tenter de regagner aumilieu du cahos sa demeure et ses enfants; on ne la revit plus. Le chocdes blocs de rochers entraînés par les eaux, semblait le disputer auxéclats du tonnerre, et portait à d’énormes distances l’épouvante et lastupeur; on eût dit cet 1 ‘‘ ' cliquetis accompagné d’un roulement
sourd tel que celui des commotions souterraines. Et pour complétercette scène de désolation, une longue traînée de flamme, phénomèneeffrayant, produit par le froissement des fragments de rocs et de grèsqui roulaient pêle-mêle, et s’entre - choquaient l’un l’autre, s’élevaitau-dessus du torrent, et dessinait au loin toutes ses sinuosités parune colonne embrasée et mouvante, doit jaillissaient au sein de l’obs-curité des milliers de brillantes étincelles.
Au débouché de la gorge de Lugnetz dont nous avons déjà parlé àl’occasion du courage des femmes de cette vallée et du monument quien consacre le souvenir, se trouve la petite ville d’//m?te, bâtie au pieddu Karlisberg et au confluent du Rhin antérieur et du Glenner. Ilantzest un chef-lieu de haute juridiction et c’est là que se conservent lesarchives de la ligue grise. Toute la population y parle le roman, ainsique dans les hautes vallées, qui s’étendent jusqu’au Saint-Gothard . Acette élévation le pays prend un nouvel aspect. La culture y devientplus rare; quelques champs de seigle apparaissent eà et là; mais on