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ne voit plus de sarrasin et bientôt le noyer va disparaître. D \liantz àTrous par Travariazza , village peu remarquable, la vallée se resserre;la route traverse de frais pâturages, des bois épais encombrés de quar-tiers de rochers, de blocs de marbre et de granit, au milieu desquelsbondissent deux jolies cascades, qu’on rencontre dans cette solitude avecd’autant plus de plaisir, quelles.sont plus rares dans cette partie des Al pes . Enfin on arrive à Trons , lieu célèbre par la fondation de la liguegrise à laquelle la république entière des Grisons doit son nom et son
origine.
C’est là, sous un antique érable dont l’énorme tronc creusé par letemps et les rameaux flétris et desséchés attestent; la vétusté, que se réu-nirent les fondateurs des ligues, et qu’ils jurèrent ce pacte depuis ci-menté par leur sang et victorieux par leur courage. La tyrannie de laplupart des seigneurs du pays était portée à son comble. Le récit ensemble aujourd’hui fabuleux, et cependant derrière les montagnes quiséparent les vallées du Rhin du reste de l’Helvétie, des hommes long-temps courbés sous un joug aussi pesant venaient de reconquérir parla force des droits que la force leur avait ravis. Un tel exemple perdupour les oppresseurs ne le fut pas pour les victimes, et bientôt quel-ques aines généreuses vinrent seconder le mouvement tic la populationasservie. Pierre de Putlingen , abbé de Disentis , non moins renommé parsa vraie piété que par son profond savoir, Hans Briin, seigneur deliœtsuns et le comte Hans de Sax, s’érigèrent en protecteurs non seu-lement de leurs propres vassaux, mais encore des communes voisines:et bientôt la confédération dont ils devinrent les chefs, gagnant deproche en proche , les possesseurs de châteaux qui se refusèrent à enfaire partie, furent contraints de vendre leurs propriétés ou succombè-rent dans une lutte qui devenait chaque jour plus inégale. En vainl’Autriche elle-meme voulut jeter le poids de ses armées dans la ba-lance, en un instant un peuple de pasteurs fit place à une nation deguerriers, et la victoire resta à la cause de la justice et de l’indépen-dance.
Au milieu de ces glorieux souvenirs l’érable de Trons apparaîtcomme un monument des vertus d’un autre âge. On ne peut oublier(pie son feuillage abrita jadis les hommes généreux qui redonnèrentune nouvelle existence à leur patrie, et lorsque les pâles rayons de la
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