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PREFACE.
obligé en conséquence de multiplier mes observations,de déterminer les pentes des rivières, & de lever le plandesterreins que je parcourois. Sans ces différentes opé-rations , je ne pouvois m’asiurer de l’exa&itude de mesrésultats : elles demandoient un travail continuel & desplus pénibles ; mais j’étois animé par l’espérance dusuccès.
Quand je fus de retour en France, la combinaison decette multitude d’observations m’ofFrit de nouveaux ob-stacles. J’étois dans le préjugé, avec plusieurs Physiciens,que le terrein de la Sibérie étoit prodigieusement élevé :ce préjugé, établi parles Voyageurs, passoit pour un faitdécidé, d’où l’on partoit pour donner des raisons plau-sibles du grand froid qu’on éprouve en Sibérie.
Persuadé que tous mes résultats dévoient s’accorderavec cette hypothèse erronée, je me saisois illusion furtout ce qui y étoit contraire : Terreur étoit pour moi unesource de plaisir : la vérité parloit envain , j’étois sourdà sa voix ; mais elle conserva Tavantage de jetter tant d’a-mertume & de dégoût sur un travail de plus de deuxmois, que j’avois renoncé à publier cette partie de monouvrage, & au baromètre pour toujours.
Je repris cependant ce travail après plusieurs mois,je me livrai ensin aux seules observations. Un premiercalcul, fait grossièrement, me fitconnoître, parl’accordde mes résultats, que j’étois fur la bonne voie : j’abjuraiun préjugé qui étoit démenti par toutes mes observa-tions ; je ne consultai plus que les faits. Je résolus de faire