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d’autant plus important de s’assurer de son degré de forcedans les pays du Nord, qu'on a soupçonné bien desrapports entre les aurores boréales & la matière élec-trique.
La tradition des habitants décida d’avance ce que jedevois espérer de mes expériences. Le tonnerre est stfréquent à Tobolsk, & il y produit de st grands ravages,qu'on y redoute ce météore plus que par-tout ailleurs ;I été, la feule saison où ces habitants puissent jouir dequelques agréments dans ce climat glacé, est pour euxune saison de crainte & de désolation.
J'élevai promptement une barre de fer : le respectqu’elle imprima à ce peuple timide, mit mon observa-toire à sabri des insultes dont il étoit menacé chaquejour ; les premieres expériences ayant répandu la terreurparmi ce peuple superstitieux. La disposttion de monobservatoire, & sa sttuation d'où je découvrois l’hori-son, me procurèrent les moyens de faire mes observa-tions avec la plus grande facilité , & en particulier cellesque je n'avois pu faire à Bitche : elles conststoient à dé-terminer , dans toutes les circonstances, la hauteur au-dessus de Fhorison de Fendroit où paroistoit l'inflamma-tion dans les orages.
Par l’intervalle de l’éclair & du bruit, je connoissoisexactement Fhypothénuse d un triangle sensiblementrectangle, dont la perpendiculaire abaissée de FendroitdeFéclair sur Fhorison, déterminent la hauteur. Or, enobservant Fangle formé à mon œuil, il m’étoit aisé dedéterminer tous les éléments de ce triangle.