:8 Voyage
ces montagnes étoient gelées depuis le sommet. Nous arrivâmes leji à quatre heures du matin , fur le bord d’une riviere , que nouspallames dans un bac , après deux heures de travail â faire rompreles glaces de ses bords. Nous prîmes de nouveaux chevaux au Villagede Mereck, situé fur l’autre bord, 8c en partîmes auísi-tôt. Arrivés àOlitta, nous nous disposions apaiser la Niémen pour la seconde fois,lorsqu on nous apprit que le bac avoit été emporté par le courant, 8cquilfalloit aller âKowno par un chemin de traverse. La route deve-noit cependant très mauvaise, 8c â peine eûmes-nous fait un mille quenous trouvâmes de nouvelles montagnes gelées : les rampes étoienttrès roides ; on ne pouvoit alors parvenir à leur sommet qu’en atte-lant tous les chevaux â la même voiture : on en atteloit ensuite unepartie derriere pour descendre. Nous pallames toute la nuit du 31Janvier au premier Février, à voyager de cette maniéré, 8c nousarrivâmes le même jour à Gniezno, Village dont le Comte dePascy est Seigneur : il étoit alors â Varsovie. N’ayant point trouvéde chevaux dans cet endroit, nous envoyâmes prier le Fermier d uChâteau de nous en procurer ; il nous en accorda de très bons, quinous conduisirent à Darszoniski avant midi, malgré des cheminsaffreux. Nous reconnûmes dans cet endroit que les Postillonss etoient égarés, en s’écartant de la route de Kowno de plus de deuxmilles. II fallut retourner fur nos pas. Les Habitants de ce Villagenous firent espérer que la riviere de Niémen, qui n etoit qu a unquart de lieue , seroit parfaitement gelée. Nous prîmes cette routepour la traverser sur la glace ; mais arrivés fur les bords de la riviere,il nous fut impossible de la passer ; la glace étoit trop foible : nousfûmes obligés de prendre un autre chemin. Parvenus à une monta-gne proche du Hameau de Podstrava, nous tentâmes envain de lamonter depuis trois heures après midi jusqu a six heures d u soir ;elle étoit cependant très basse ; mais fa rampe étoit escarpée, 8c geléed un bout a l'amre. Nous retournâmes au Hameau que nous venions