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n étoit pas commode , j’avois besoin d etre appuyé de l'autorité duSouverain , pour bâtir un Observatoire , &c pour n’être pas déran-ge dans mes opérations : l’un ôc l'autre me paroissoit impossiblea exécuter. Je commençois déja à connoître assez ce Peuple, pourne pas ignorer que je devois les politesses que j’avois éprouvées furma route, à quelques personnes honnêtes que j’avois rencontrées,
& principalement aux lettres de recommandation de M. de Woron-zof. Dans toutes les circonstances où le seul naturel des Habitantsavoit agi, j’avois éprouvé les plus grandes difficultés, & dans celle-ci j avois encore a craindre la superstition d’un Peuple ignorant.
Je n’étois bailleurs qu’à vingt-cinq lieues de Tobolsk : dansdouze heures je pouvois y arriver ; Sc au moment que je touchois auterme de toutes mes fatigues, je me trouvois dans l’aífreuse situationde manquer mon observation. Je ne pus y.résister : une sueur froidese répandit dans tous mes membres ; elle fut suivie d’un abattementuniversel : mais bien-tôt le désespoir ranima toutes mes facultés ; jeproposai à tous ces gens de faire fur la glace une espece de train avecdes planches, ou avec des branches d’arbres : mais leurs têtes étoientmontées de façon qu’ils trouvoient impossible tout ce que je propo-sois ; ils rejetterent durement ma proposition. Leur refus fit furmoi une telle impression, que je fus tenté de les forcer à me passer :mais ayant conçu le dessein d’acheter leurs chevaux, &c de nousconduire nous-mêmes , ce projet remit le calme dans mes sens.Je sortis un moment, pour méditer fur le parti que je devois pren-dre : le dernier me parut sûr. Ceux qui me suivoient m’avoient partid’ailleurs déterminés à ne pas me quitter. Etant rentré assez tran-quille , je sis apporter des provisions pour souper, 6c de l’eau-de-viepour distribuer à tout le monde. II étoit nécessaire de ramener tousles esprits, qui avoient pris de l’humeur de tout ce qui s’étoitpassé.
On m’apporta en même-temps mon thermomètre : je le plaçai
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