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'» dixieme de Juin : il est vrai que nous étions déja à soixante-» cinq degrés trente-íix minutes de latitude septentrionale. La" terre etoit couverte de neige , Sc il en tomboit encore : la glace" av °it une épaifleur coníidérable, 6c ne dégeloit point pendant le» jour. Ce triste temps cessa biemtôt. Nous ne fûmes pas peu fur-*
” pris du changement subit qui sc fit presque sous nos yeux. Dès" que flair eut pris quelque chaleur , il la conserva : les vapeurs 6d" Ls nuages dont le Ciel étoit obscurci disparurent tout-à-coup :
» nous pûmes dès le it nous passer de feu. Nous vîmes le lende-" main des Hirondelles. La chaleur du Soleil augmentoit : le 14 on" ne vit plus de neige ; flherbe croissoit à vue d’ocuil. Si quelqu’un» en a vu croître, c’est peut-être à Mangaíea ».
M. Delifle, de fl Académie Royale des Sciences, a recocuilîi pen-dant le long séjour qu’il a fait à Saint-Pétersbourg, toutes les obser-vations faites en Sibérie par les différents Académiciens qui y ontété envoyés de Russie : il a vécu avec la plupart deux au. retour deleur voyage, 6e en a reçu tous les éclaircissements qu’il pouvoisdésirer. Le tableau qu’il donne des froids de Sibérie est trop inté-ressant pour ne pas le rapporter ici (1). 11 expose d’ailleurs dans uneTable toutes ces observations, ôe l'on peut par ce moyen se formerd’un coup d’oeuil une idée exacte des froids presque incroyables dela Sibérie , 6c de ceux du reste de la Russie.-
On voit dans cette Table que le froid fit descendre à soixante-díxdegrés le thermomètre de Réaumur, à Ienisseik en 17 3 y , ainsi qu’ila été observé à Solikamskaia dans l’hiver de 1761. Dans la mêmeannée 173 y ,■ le froid fut beaucoup moins considérable à Tomsk tpuisque le froid qu’on y éprouva répond a cinquante-quatre degrés6c demi du thermomètre de M. de Réaumur. 11 fut à Irkutsk (1) à
(1) Vol. de l’Acad. Royale des Sciences de Paris, année 1749, pag. ìercdes Mémoires»
C 1 2 ) Latitude , cinquante-deux degrés dix-huit minutes, longitude , cent vingt-deux de-grés trente huit minutes,