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Tome premier.
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DES P O N T S. a S»

est composée, et au mode de construction dont on fait usage.

Lorsqu’on aura vu, dans le chapitre suivant, quels sont leseffets qui se manifestent dans les voûtes après leur construction,on sera convaincu que, si une voûte était composée de maté-riaux incompressibles, elle ne pourrait prendre de mouvementqu’autant que les parties résistantes n’auraient pas assez de massepour soutenir l’effort des parties agissantes, ou, si l’on veut,qu’autant que les culées ne seraient pas assez épaisses pourrésister à la poussée de la voûte. La pierre de taille pouvantêtre effectivement considérée comme sensiblement incompres-sible , on voit que si les voussoirs étaient posés les uns sur les

autres, sans cales ni mortier, et que la voûte ne pût avoirabsolument aucun tassement, il suffirait, pour qu’elle se soutînt,que les culées eussent une épaisseur convenable, et que la hau-teur de la clef fût assez grande pour que la pierre ne s’écrasât,ou ne s’éclatât point sous la pression qu’elle aurait à supporter.

La longueur de la clef se trouverait donc déterminée quandon connaîtrait la pression horizontale que les deux demi-voûtesexercent l’une sur l’autre, et la résistance de la pierre dont ellessont construites ; et il suffirait d’avoir égard aux chocs aux-quels ces voûtes sont sujettes en raison du mouvement des voi-tures , pour ne pas s’exposer à donner une épaisseur trop faible,sur-tout dans les voûtes d’un petit diamètre, où la pression estpeu considérable.

Si l’on calcule, dans cette. hypothèse , quelle épaisseur onpourrait donner à la clef des arches les plus hardies, on trouvedes quantités fort au-dessous de celles qui ont été fixées par leursconstructeurs. Pour le pont de Neuilly, par exemple, la pres-sion horizontale que la clef supporte, sur un métré de longueur,