DES PONTS. aCi
des voussoirs étaient parfaitement exécutés, et si on évitait deles poser sur calesen adoptant la méthode que les anciens ontsuivie dans les constructions du même genre ; et on peutconclure de-là que, par le moyen de cette méthode, on pourraitexécuter des ponts beaucoup plus hardis et plus légers quetous ceux qui ont été construits jusqua présent.
Cependant, l’altération que les pierres subissent par l’effetdu temps, ainsi que les imperfections inévitables dans l’exécu-tion des voussoirs, s’opposeraient seules à ce que l’on réduisît,les clefs des ponts aux épaisseurs qui, d’après le calcul, parais-sent devoir leur suffire, puisque la moindre épaufrure pourraitdiminuer sensiblement leur résistance et mettre la voûte endanger de s’écrouler. Mais l’usage de les poser sur cales paraît,être la principale cause de la grande différence qui se trouveentre les épaisseurs indiquées par la force de la pierre, et cellesqu’on donne ordinairement.
En effet, les cales étant presque, avant l’entière dessicationdes mortiers , le seul intermédiaire par lequel les voussoirsportent les uns sur les autres, on voit que la surface résistanten’est plus la surface entière du plan de joint, mais quelle seréduit à celle des cales; et, d’après cela, il semble qu’on pourrait,en lui appliquant le calcul précédent, déterminer l’épaisseur duvoussoir de maniéré à ce que l’aire des cales sur lesquelles onle pose fut assez grande pour que les parties correspondantesde la pierre pussent résister à la pression. Mais il faut observerque la force de la pierre ne pourrait pas être évaluée, dans cecas , d’après les expériences connues, qui ont été faites sur depetits cubes isolés.
On peut remarquer aussi que le tassement vertical d’une voûte
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