DES PONTS. 3x3
Tout ce qui précédé se trouve confirmé par les observationsque nous avons faites sur plusieurs voûtes qui étaient en dangerde s’écrouler , et sur celles que nous avons nous mêmes faitdémolir. Nous avions soin, pour ces dernieres, de faire faireavec précaution des tranchées horizontales dans leurs piédroits,et nous avons constamment remarqué que les premières dis-jonctions paraissaient à l’intrados vers la clef, qu’il s’en formaitensuite d’autres vers les reins, où leur plus grande largeurétait à l’extrados, et qu’enfin la partie supérieure s’abaissait ense partageant en deux parties principales qui renversaient cha-cune le piédroit qui leur était opposé.
Cette théorie est également d’accord avec les expériencesdirectes que nous avons entreprises sur cet objet. Nous avonsfait construire des voûtes en plein cintre, en anse de panier sur-baissée au tiers et au quart, et en arc de cercle. Leur ouvertureétait de 65 centimètres ; les voussoirs, de 27 millimétrés de largeurà la douelle, étaient faits en bois et taillés avec exactitude. Nousavons cherché à rompre l’équilibre entre la poussée des partiessupérieures et la stabilité des parties inférieures , soit en dimi-nuant l’épaisseur des culées, soit en chargeant le sommet de lavoûte, et nous avons constamment remarqué que la rupturetendait à s’opérer avec les circonstances que nous venonsd’expliquer.
Ces mêmes expériences ont été répétées plus en grand parM- Boistard ; les voûtes qu’il a employées étaient construitesavec beaucoup d’exactitude avec des voussoirs de briques polisau grès, dont l’épaisseur et la hauteur de coupe étaient de108 millimétrés. Les voûtes avaient 2,274 métrés d’ouverture et217 millimétrés de longueur.