348 CONSTRUCTION
diminue un peu les dangers résultant de l’emploi des pilesminces. On peut partager le pont en plusieurs parties, en cons-truisant , d’espace en espace , des piles capables de soutenir lapoussée des voûtes. Alors si une pile intermédiaire vient à êtreemportée, cet événement entraîne, à la vérité, la chute de quel-ques arches, mais on n’est point obligé de reconstruire le ponttout entier. Si le pont était établi sur un radier général, on nedevrait pas craindre les affouillements ; cependant, comme ilpeut encore se faire que quelques parties du radier soient em-portées , il est convenable , dans ce cas même , de mettre larésistance des piles en équilibre avec la poussée.
Lorsque les piles doivent servir de culées, on détermine leurépaisseur d’après les principes exposés dans le chapitre précé-dent. Quand leur objet est seulement de porter le poids desarches, la résistance de la pierre dont elles sont construites est
la principale considération à laquelle on doive avoir égard, et laseule qu’on puisse soumettre au calcul. Elle conduit à des dimen-sions fort inférieures à celles qui sont en usage. Perronet aremarqué que les piles du pont de Neuilly supporteraient encorela masse dont elles sont chargées, si on réduisait leur épaisseur à35 centimètres. Il admettait, à la vérité, qu’on ferait porter à lapierre un poids égal à celui sous lequel elle s’est écrasée dansles expériences; et, si on suppose, comme dans le chapitre troi-sième , qu’on lui fait seulement porter le tiers de ce poids, ils’en suivra qu’on aurait pu ne donner aux piles du pont deNeuilly que i,o5 métré, tandis que ces piles, qu’on regardecomme très-hardies, ont effectivement métrés d’épaisseur.
Il paraît, d’après cet exemple, qu’on ne doit point, pour fixerl’épaisseur d’une pile, s’en rapporter uniquement à la force de la