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Tome premier.
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35o CONSTRUCTION

est réglé de maniéré à ce que le rapport, marqué par le régimede la riviere, entre la résistance du sol et la vitesse moyennedu courant, ne soit pas sensiblement altéré, il est impossiblequ’il se produise aucun affouillement ; et cela serait vrai, si cettevitesse moyenne se distribuait uniformément dans toute la massedes eaux auxquelles le pont donne passage. Mais les obstaclesque les piles et les naissances des arches opposent au courant,nuisent à cette égale répartition de la vitesse, et, tandis qu’il seforme des courants particuliers très - rapides, on voit, dansd’autres endroits, les eaux tournoyer et revenir sur elles-mêmes.Il est donc important de donner aux piles la forme la pluspropre à prévenir ces effets dont les suites sont plus ou moinsdangereuses.

Dans les piles des ponts antiques, la base des avant-becs estordinairement nn demi-cercle ou un triangle rectiligne ; mais lesconstructeurs modernes ont souvent arrondi les angles formés

par les faces des avant-becs et du corps de la pile. On trouvequelques ponts, bâtis dans le moyen âge, où les avant-becs ontété entièrement supprimés, et où les piles sont terminées paral-lèlement aux têtes. Cette derniere disposition est la plus vicieusede toutes. On remarque, en effet, que, quand le courant vientfrapper l’avant-bec d’une pile, l’eau s’élève à sa rencontre; les filetsqui tendent à choquer cet avant-bec sont forcés de se détournerde chaque côté, et produisent deux courants obliques qui s’éloi-gnent des faces latérales de la pile contre lesquelles il n’y a plusqu’une eau stagnante ou tournoyante. Ces deux, courants vontresserrer le courant principal, en formant avec ceux produitspar les piles voisines des especes de barrages en entonnoir, oùl’eau coule moins vite vers les bords qu’au milieu, parce quelle