DES PONTS. 363
décrit une espece de triangle curviligne. Il se rencontrent doncaprès avoir prolonge' de chaque côté les faces de l'arriere - bec,et il résulte souvent de cette circonstance des affouillements quine sont gueres moins fréquents à l’aval qu’à l’amont des ponts.Cela doit engager les constructeurs, non seulement à ne jamaissupprimer les arriere-becs, mais peut-être même à les allongerdavantage qu’on n’est dans l’usage de le faire.
Lorsque les eaux s’élèvent beaucoup au-dessus des.naissancesdes arches, la forme de lavant-bec influe peu sur la nature de lacontraction , qui alors dépend principalement de la forme del’arche, et de la maniéré dont l’intrados de la voûte est raccordéavec les faces de l’avant-bec. Une des meilleures maniérés dediminuer la contraction dans ce cas, est de pratiquer des cornesde vache, comme au pont de Neuilly; on peut aussi, pour rem-plir le même objet, terminer les deux faces de l’avant-bec pârune surface courbe qui se raccorderait avec celle de la voûte.On en trouve des exemples au pont de Gignac et au pont deNavilly, sur le Doubs. C’est dans la même vue que nous avionsprojeté, pour un pont à bâtir à Auxonne , des avant et arriere-bccs auxquels on avait donné une forme approchant de celledes extrémités d’un navire.
Les avant-becs, destinés à diviser les eaux et à briser les glaces,doivent s’élever jusqu’au niveau des plus grandes crues, ou aumoins à la hauteur où se font les débâcles. On. observera cepen-dant que, dans les arches en anse de panier et en plein cintre,les avant-becs diminuent peu la contraction lorsque les eauxmontent beaucoup au-dessus des naissances, parce que les tym-pans de l’arche offrent alors une grande surface qui se trouvedirectement opposée au courant. Les avant-becs ne servent plusqu’à recevoir le premier choc des glaçons.