364 CONSTRUCTION
On s’est beaucoup occupé, dans le dernier siecle, de la formeet de la décoration des couronnements des ayant-becs. Cet objetn’est pas très-important, mais la solidité de leur construction l’estbeaucoup. Les couronnements des avant-becs se dégradent faci-lement, et on voit souvent croître dans les joints des plantes quiaugmentent encore les dégradations. On les préviendra en lesformant avec de grandes pierres appareillées avec soin.
On voit (PL XIV, fîg. i et a) l’élévation et le plan d’une despiles du pont de Moulins. Les avant et arriere-becs sont triangu-laires , mais l’angle saillant est arrondi, ce qui lui donne plus desolidité. C’est une précaution dont il ne peut résulter aucun in-convénient, et qu’il est convenable de prendre toujours. Elle estpréférable à l’emploi d’un prisme de fonte maintenu dans lamaçonnerie , et on ne doit recourir à ce dernier moyen qu’autant
qu On y est force par la mauvaise qualité de la pierre. Le chape-ron, ou couronnement, a la forme d’une pyramide triangulaire;et on a conservé dans les pierres dont il est construit une partieverticale qui doit toujours avoir au moins 8 à io centimètres dehauteur. On a quelquefois couronné des avant-becs à base trian-gulaire d’un chaperon formé par les prolongements de leurs facescoupés par un plan incliné en avant : on en voit un exemple aupont au Change de Paris (PL XVI, fig. 3).
Les fig. 3 et 4, PL XIY, représentent une des piles du pontd’Orléans . La base de l’avant-bec est terminée par deux arcségaux au sixième de la circonférence ; celle de l’arriere-bec estun demi-cercle. L’angle saillant de l’avant-bec n’est pas assezaigu pour avoir ici besoin d’être arrondi, et la forme de cette pileest peut-être celle qui remplit le mieux toutes les conditionsauxquelles on doit satisfaire. Les couronnements des avant et