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CANAUX
N° 2.
ii '.apport du Sieur Perronet sur la lettre de monsieur le Controleurgénéral, du 3 i janvier 1776, concernant le canal de Bourgogne par les étangs de Long-Pendu.
xo février 1776.
On a représenté il M. le Contrôleur, général que le canal de communication desdeux mers par la Bourgogne , en passant par 1 étang de Long-Pendu, coûteraithuit millions de moins que celui qui est commencé, et qui doit passer par Dijon et Pouilly en Auxois, parce que la nature a tout lait pour le premier, où la craintede manquer d’eau est mal fondée, sur-tout du côté de la Bourbince, aux eaux delaquelle il serait aisé de réunir celles des deux autres rivières; on a hjouté queM. Gauthey, habile ingénieur, étant sur les lieux, pourrait promptement procurertous les éclaircissements.
i° 11 ne suffit pas de pouvoir joindre deux rivières à la Bourbince pour en con-clure que la crainte de manquer d’eau pour le point de partage par les étangs deLong-Pendu soit mal fondée, parce qu'il faut'encore que les rivières fournissentassez d’eau, et que la réunion puisse se faire à la hauteur du point de partage ;c’est ce qu’on ne trouve point dans les écrits faits avec tout le soin possible enfaveur du canal par l’étang de Long-Pendu, et que la nature en effet n’offre point.
On ne peut amener à ce point de partage, en y réunissant toutes les sourcessupérieures voisines, une quantité d’eau suffisante, qui puisse être même comparéeà celle de treize moulins que l’on peut rassembler au point de partage de Pouilly,dont la jauge, qui en a été faite avec le plus grand soin par ]\ 1 . de Chézy pendantune année de suite, a donné environ 2000 pouces d’eau pour le temps de séche-resse , ce qui doit suffire pour une navigation des plus florissantes, lorsque l’eaudes étangs de Long-Pendu ne fait mouvoir que deux roues de moulin, cela pen-dant une partie du temps seulement.
Quand il serait certain qu’on aurait assez d’eau par les étangs de Long-Pendu , etque ce canal coûterait huit millions de moins que celui qui est commencé parPouilly, on ne devrait pas encore lui donner la préférence à cause des inconvé-nients essentiels auxquels il serait sujet.
i° La navigation de ce canal, quittant la Saône un peu en dessous de Chàlons,traverserait le Charolais jusqu’à Digoin , en vingt-huit lieues de longueur, suivrait laLoire jusqu’à Briare, en quarante lieues, ensuite les canaux de Briare et de Loingjusqu’à la Seine sur vingt-six lieues.
2° Le premier inconvénient serait de traverser le Charolais, pays assez mauvais,et peu intéressant en comparaison de Vitteaux , Montbard, Tonnerre, Saint-Florentin,et Brinon , que l’on abandonnerait.