Band 
Tome troisième.
Seite
373
JPEG-Download
 

DE NAVIGATION.

3^3

' 6 ° Le second est de faire quarante lieues de navigation sur la Loire , très-diffieilca descendre en été, à cause de son peu de profondeur. Les bateaux, n’y passentqu’à i4 ou i5 pouces d’eau, encore les mariniers sont-ils souvent obligés de semettre dans l’eau, pour détourner avec des pelles le sable et se faire un passage.Elle est encore bien plus difficile à remonter, à cause de sa largeur, et de l’incon-stance de son lit et de scs bancs de sable , qui 11e permettent pas de faire unchemin de tirage à portée du chenal. Ainsi, de Lyon à Paris , la navigation seraittrès-difficile, mais il n’y eu aurait point d’assurée de Paris à Lyon .

4° Le troisième est de faire vingt-six lieues par les canaux de Briare et de Loing.Le canal de Briare suffit à peine pour sa navigation actuelle, qui est fort gênée enété pendant plusieurs mois, faute d'eau: comment pourrait-on y ajouter une autrenavigation, qui doit lui être au moins égale ?

5° Le quatrième, c’est que ces canaux n’appartiennent pas au roi ni au public;les propriétaires y perçoivent des droits qui montent, à ce que l’on prétend , chaqueannée, tous frais faits, à environ 5oo,ooo liv. Pour donner, par ces canaux, lamême liberté et franchise que par celui de Pouilly, il faudrait en acheter la pro-priété , qui coûterait certainement plus que ce que l’on aurait eu l’intentiond’épargner.

6° Le cinquième inconvénient est que le trajet entier de Lyon à Paris serait detreize lieues plus long par les étangs de Long-Pendu, sans aucun avantage ; aucontraire, puisque la navigation par la Loire serait bien plus difficile que parl’Yonne .

M. Thomassin a beaucoup écrit, et avec toute la chaleur possible, contre le canalde Pouilly, et en faveur de celui des étangs de Long-Pendu. Ces écrits 11e contiennentrien de précis ; mais des discours vagues et exagérés ont néanmoins donné, il y aquarante ans, lieu à plus d’incertitude, et à empêcher alors de faire ce canal parPouilly; mais, depuis environ vingt-cinq ans, la question a paru tout-à-lait décidée,et on 11'a plus pensé qu’au canal par Pouilly, d’après la proposition de M. Abeille,et les avis de M. Gabriel, premier architecte du roi et premier ingénieur des Ponts-et-chaussées, de M. de Begemorte l’aîné, et enfin des sieurs Perronet et Chézy, quifurent chargés en 1764 par M. Berlin , ministre, de l’examen des différents projetsformés pour la communication des deux mers.

Il résulte du mémoire très-détaillé qu’ils ont fait, en date du 28 décembre de lamême année, qu’il ne se trouvait point à beaucoup près assez d’eau pour établircette navigation par les étangs de Long-Pendu, et qu’il était préférable à touségards d’établir le point de partage à Pouilly, on l'on pourrait rassembler plus dedeux mille pouces d’eau, même en temps de sécheresse ; le projet a été adoptépar M. Bertin , M. 1 abbé Terray et M. de Trudaine, et l’exécution en a etc com-mencée depuis deux ans. On pense que I on trouvera, dans les mémoires des sieursPerronet et Chézy, et dans ce qui vient d’être dit, des motifs assez bien établis, pourqu’on ne doive plus mettre en question lequel de ces deux différents projets doitêtre préféré.