100 RAPPORT SUR L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1855.
pLe Jury international, disais-je, doit être pénétre' que«ce qui importe dans cette circonstance, c’est de donner«aux ouvriers la preuve que je connais tout le prix de leur« concours aux transformations et à l’avancement de l’indus-« trie, et que je suis heureux de faire la part de ceux d’entre«eux qui exécutent avec talent el intelligence, aussi bien«que celle des fabricanls qui conçoivent et dirigent avec«une habileté supérieure.
«Que les membres du Jury de votre classe ne négligent«donc aucune démarche, aucune recommandation person-«nelle, pour former et remplir aussi complètement que«possible la liste des ouvriers qui ont mérité par la bonté«de leur travail, l’utilité et l’assiduité de leurs services,« d’être récompensés en même temps et de la même manière«que leurs chefs. Partout où il y a un mérite réel constaté,«un progrès obtenu, une amélioration introduite, un bon« exemple donné par un contre-maître ou un ouvrier, il y a«pour le Jury un nom à inscrire sur les listes d’honneur du« travail, et je verrais avec plaisir que le Jury trouvât le moyen« de décerner aussi aux ouvriers, même à ceux des non-ex-« posants, autant de récompenses qu’aux chefs d’industrie«dont les produits figurent à l’Exposition, »
Cette innovation n’aboutit qu’imparfaitement ; peu com-prise, elle froissait bien des préjugés et des intérêts. Sansme dissimuler combien l’application immédiate du prin-cipe serait incomplète, je voulus néanmoins créer un pré-cédent en faveur de la participation réelle du travail auxrécompenses. L’avenir tiendra compte de l’essai dont jem honorerai toujours d’avoir eu la pensée et l’initiative.