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PREMIÈRE ÉPOQUE,temps beaucoup plus récents, le commerce avec l’Amérique et lesIndes .
Il est une remarque (que j’abandonne en passant à ceux quiréfléchissent sur l'histoire de l’humanité), que tous les peuplesessentiellement marchands jouissent, auprès des autres peuples,d’une très-maux aise réputation morale. La foi punique, fuies pu-nica, était, dans la bouche d’un Romain, synonyme de mauvaisefoi (l). De semblables peuples ne cultivent guère que le côté abso-lument pratique des sciences. Sous ce rapport, les Phéniciens dif-féraient entièrement des Égyptiens, qui s’abandonnaient souventplutôt à la théorie qu'à la pratique.
Hébreux. — Maltraités par les Egyptiens , opprimés et avilis parles Assyriens et les Syriens , méprisés parles Romains, cruellementpersécutés au moyen Age, disséminés aujourd'hui sur tout le globe,les Juifs ont conservé, au milieu de leurs infortunes, leurs croyan-ces, leurs mœurs, leur caractère, et jusqu'au type même de leurphysionomie (2). Cet accord de tous les peuples à persécuter les Juifsne fait nullement l'éloge des derniers; à moins d’admettre, ce quiest impossible, que tous ces peuples fussent dans l’erreur. Uneremarque curieuse à faire, quoiqu'elle soit étrangère à notre sujet,c’est que le christianisme, dont le principe fondamental est l'amourde l'humanité, a eu son berceau chez les Juifs, qui, dans toutel’antiquité, passaient pour le peuple le plus égoïste du monde, et aux-quels les Romains cux-mèmes, les plus tolérants des hommes,reprochaient une haine contre tout le genre humain, odium tutius(jeneris humant. Il est certain que les Juifs ont hérité de l’espritmercantile qui les caractérise, des Phéniciens , avec lesquels ilsavaient plus que de simples rapports de voisinage.
Quoique fidèles à leurs croyances religieuses, les Hébreux ont ce-pendant emprunté aux Égyptiens et aux Phéniciens la pratique desarts qui leur paraissaient les plus utiles. Ils mettaient dans la construc-tion du tabernacle tout le raffinement des arts de l’Égypte ; et les orne-ments du grand-prêtre semblaient avoir mis à contribution les ate-
(1) Homère parle des Phéniciens comme de gens astucieux, dangereux, et quifont beaucoup de mal aux hommes (rroÀ/à xi-/.’ àvOptümmriv ÈwpYsi), Odyss.,xiv, v. 289.
(2) On a remarqué que les figures des Israélites , peintes, il y a plus de troismille ans, sur d’anciens sarcophages ou sur d’autres monuments égyptiens, ontles mêmes traits de physionomie que les Juifs de nos jours.