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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQrE.§27.

Fer.

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En parcourant les auteurs anciens, on a souvent lieu de s’éton-ner de la justesse d'observation d'une multitude de faits relatifsaux arts qui sont sous la dépendance de la chimie. La citationsuivante en est une preuve : « De tous les minerais, celui du fer estle plus universellement répandu ; et le fer est en meme temps lemétal le plus utile et le plus nécessaire à l’homme. On rencontredes minerais de fer presque partout; l’ile d'Elbe [Ilva in su la e ncontient. On les reconnaît sans peine à leur couleur jaune de terre.Les différences du fer sont très-nombreuses, la qualité du terrainet du climat y entre pour beaucoup. On retire de certains terrainsun fer mou, qui est très-propre à la fabrication des clous et desroues de voiture; d’autres donnent, au contraire, un fer aigre etcassant, qui ne convient nullement à la fabrication de ces objets.Les bonnes espèces s’appellent slriclurœ ou fer de dégaine, fer delames, du terme militaire stringere aciem, tirer l’épée.

« La différence du fer entraîne la différence des fourneaux : les unssont destinés à forger le noyau de fer ( nucléus J'erri), le plus dur etle plus propre au tranchant. Dans d’autres, on fabrique seulementdes enclumes et des marteaux.

« La plus grande différence du fer est produite par la trempe,qui consiste à plonger dans l’eau le fer rougi au feu [in aqua can-dens immergitur). Ce procédé a suffi pour faire la réputationde plusieurs villes, comme de Bilbilis ( 1 ) et de Turiasso en Espa-gne, de (’.ome en Italie ; mais le fer de la meilleure trempe estsans contredit le sérique. Après celui-là, 1 acier parthique tient lepremier rang. Dans notre continent, l'acier doit, ainsi que dansla Norique , sa bonté à la mine de fer d’où il provient (2\ Ailleurs,il la doit à la trempe; on cite l’eau de Sulmoue. Il est à faire ob-server que l’acier s'aiguise mieux à l'huile qu’à l’eau sur la pierre àaiguiser : l’huile rend le tranchant plus fin (delicalior actes) fi), »

(1) Aujourd'hui Calatajud, ville du royaume d'Aragon, et patrie de Martial ,qui fait souvent mention (dans ses Épigrammes, lib. iv) de la trempe du fer desa ville natale.

(2) On lit norietts ensis (épée norique ) chez Horace, et noricos cultros (cou-teaux noriques) chez Pétrone.

(3) Pline, xxxiv, 14.