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Tome premier.
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niSTOIRE DE Et CHIMIE.

Comme les industriels de nos jours, ceux de l’antiquité son-geaient aux moyens d’obvier à un grave inconvénient que pré-sente le 1er, celui de se rouiller et de se corrompre facilementau contact de l’air ou de l’eau. Ils cherchaient à préserver le ferde la rouille, en le recouvrant d’un enduit que les Grecs appe-laient antipathie, et qui était un mélange de poix liquide, de gypseet de céruse (i).

La rouille de fer était employée en médecine, tant extérieure-ment qu’intérieurement ; et, ce qu’il y a de remarquable, c’estque ce remède était alors employé à peu près dans les mêmescas pour lesquels on le prescrit aujourd'hui. Ainsi, on s’en servaitpour arrêter des pertes utérines, qui sont souvent accompagnéesde chlorose (pâles couleurs), maladie pour le traitement de laquellele fer passe pour un remède souverain, et pour ainsi dire spécifi-que (2). L'emploi médicinal de l’eau ferrée remonte à une époquefort reculée.

«On éteint, dit Pline, un fer incandescent dans l'eau, et cetteeau s’administre dans plusieurs maladies, et particulièrement dansla dyssenterie (3).»

Bien que nous ayons de la plupart de ces maladies des théoriesfort différentes de celles qu’on avait autrefois, il n’en est pas moinsvrai que nous les traitons aujourd'hui comme les médecins d’ily a plus de quinze siècles.

L’aimant ( magnes) est connu de toute antiquité. Il doit sa célé-brité à un phénomène d’attraction propre à attirer l’attention mêmedu sauvage. Aussi les anciens auteurs sont-ils pleins des merveillesde l’aimant, dont le nom, magnes, viendrait, selon Nicandre,d’un nommé Magnés, qui, le premier, découvrit l’aimant sur lemont Ida . Ce Magnés était un berger qui, en menant paître sontroupeau, fut tout à coup involontairement retenu au sol par lesclous de ses semelles et le fer de sa houlette (J).

(1) Pline, xxiv, cap. 15.

(2) Sistit et fieminarum profluvia. Plin., ibid., cap. 15.

(3) Calefît etiam ferro candente aqua. Cael. Aurelian. , î, Chron., c. 4; Gels., îv,c. 9; Scribonius Largus , Compos. , 14G. In multis vitiis, privatim vero indysenteria. Pline, toc. cit.; Dioscorid., v, 93.

(4) Pline, xxxvi, 16. D’autres font venir magnes (en allemand magnet) demag , charme (d’où vient le mut magie) et du mot celtique ees (en allemand eisen), fer ; de manière que magnés signifierait charme du fer.