PREMIÈRE ÉPOQUE. 129
Les anciens admettaient deux espèces d’aimants, l’aimant mâleet l’aimant femelle; celui-ci était de couleur noire, et réputé le plusfaible.
Enlin, ils admettaient une troisième espèce, l’aimant hématite,de couleur sanguine, mais qui, ajoute Pline, n’a pas la pro-priété d’attirer le fer. Ce rapprochement, auquel aucune analysen’a présidé, est très-curieux ; car l'hématite est un minerai deperoxy de de fer sec, et l’aimant un composé intermédiaire de pro-toxyde et de peroxyde de fer.
L’Ethiopie avait la réputation de fournir le meilleur aimant. LaTroade, la Béotie, la Cantabrie en fournissaient également. Dansce dernier pays on le rencontre, dit Pline, non pas en lits contigusformant des chaînes de montagnes (caute continua ), mais par frag-ments épars, par bullation {sparsa bullatione) (i).
Les anciens n’ignoraient pas que l’aimant communique sa pro-priété au fer ( fernim inficit eadem vi) , et qu’on peut l’employeravec avantage dans la fusion du verre < 2 \
,S 28.
Manganèse.
11 n’y a pas longtemps que ce métal est connu à l’état isolé.L’oxyde noir de manganèse était, dans toute l’antiquité, confonduavec l'oxyde noir 'magnétique) de fer (3).
Son usage, dans la fabrication du cristal et des verres colorés,ne parait pas avoir été inconnu du temps de Pline. Magnes et ala-bandicus signifient, tantôt aimant, tantôt manganèse (4).
§29.
Les auteurs latins parlent de deux espèces de plomb : le plombblanc (plumbum album) et le plomb noir [plumbum nigrum). Le
(1) Pline, \x\iv, 14.
(2) Pline, ibid.
(3) c’est de magnés (aimant) que vient sans doute ie nom de manganèse oumagnésie noire.
(4) Pline, xxxvi, 20 ; xxxvu , 24 ; xxxvi, 8.