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MEUIKRE ÉrOQl'E.naître cette sophistication , il faut, dit Vitrine, mettre du minium(soupçonné impur) sur une lame de 1er, que l'on chauffejusqu’à l’incandescence (donec lamina candescat). Si alors le mi-nium, de rouge qu'il est, parait noir, et qu'étant refroidi, il re-prenne sa première couleur, on peut être assuré qu’il n’est point so-phistiqué (t). »
Voilà un moyen d’essai aussi exact qu’il pouvait l’être à l’époquedu célèbre architecte romain , c’est-à-dii’e, il y a plus de dix-huit siècles.
La céruse, que les Romains appelaient ce ru sa, et les Grecs psim-mythiun, était préparée de la manière suivante :« On met deslames de plomb dans des outres remplies de vinaigre, qu’on tientbouchées pendant huit jours. Il se forme sur ces lames une crassequ’on racle ; on replonge ensuite ces lames dans les outres, on lesracle de nouveau au bout d’un certain temps, et on continuecette opération jusqu’à ce qu’elles soient toutes consumées (donecdeficiat materia') ; 2). » c
« Les Rhodiens, dit Vitruve , mettent du sarment dans des ton-neaux où ils versent du vinaigre, puis ils placent sur ce sarmentdes lames de plomb , enfin ils ferment les tonneaux avec des cou-vercles. Après un certain laps de temps ils ouvrent ces tonneaux,et trouvent le plomb changé en céruse. L ’œrugo ou œruca se faitde la même manière, en employant des lames de cuivre au lieu dolames de plomb (3). »
Les principales fabriques de céruse étaient établies à Rhodes , àCorinthe, à Lacédémone et à Pouzzole (t).
La céruse, soumise au grillage, était convertie en minium (ô).Elle était employée comme fard par les dames romaines (ad cando-rem fœininarum ) (6), et servait aux mêmes usages médicaux que lalitharge.
Dioscoride, Pline et Galien mentionnent les propriétés vénéneu-ses des préparations de plomb.
(1) Vitruve , Arcliit., lit», vu, c. 9.
(2) Pline, xxxiv, 18.
(3) Vitruve , Arcliit., lib. vu, c. 12.
(5) Pline, xx xiv, c 18.
(6) Pline, ibid.
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