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Tome premier.
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niSTOIRE DE LA CHIMIE.

§30.

Étain.

Une grande confusion règne chez les auteurs à l'égard desexpressions de stannum, plumbum album, plumbum argenta-riutn, cassiteros (y.acierspo;1, que l'on se contente généralementde rendre par étain. Quoiqu'il soit bien difficile de démêler icile vrai du faux, on peut cependant admettre, avec beaucoup deprobabilité, que quelques-uns de ces termes s'appliquent, non-seulement à l'étain, mais encore au zinc ou à un alliage dans le-quel le zinc prédomine, comme cela parait être le cas pour le xaccî-Tspo;, auquel Homère donne l'épithète de brillant 'sasivô;), et quiservait à la fabrication des boucliers et d'autres instruments (l).

Les îles Cassitérides , que l’on croit être les mêmes que les îlesBritanniques , étaient, dans toute l'antiquité, célèbres par leursmines d’étain (2). Ce qu’il y a de certain, c’est que l'Angleterre estencore aujourd’hui un des pays les plus riches en mines d’étain,dont les minerais sont répandus avec parcimonie sur la surfacedu globe. En faisant la description des îles Cassitérides , f trabonremarque que le cassiteros est plus fusible que le plomb (T^xwèatttoXù Tsl/iov ptoXûëoou), propriété qui ne peut ici s’appliquer qu’àY étain , au plus fusible de tous les métaux, ou à ce que Plineappelle le plomb blanc.

On reconnaît, dit celui-ci, le véritable plomb blanc en ce qu’é-tant fondu, il peut êlre versé sur du papier sans qu'il le brûle (3).

L’étamage est une opération fort ancienne. « On se sert de l'étainpour recouvrir des vases de cuivre, qui présentent le double avan-tage d’être exempts d’une saveur désagréable et d'être préservés dela rouille ( stannum compescit erruginis virus) (4).»

(1) Hom., Iliad., xxxm , v, 501.

(2) Strab., céogr., t. i, p. 205 (édit. Casaub). Les îles Cassitérides sont annombre de dix. Les unes sont désertes, les autres sont habitées par des hommesqui portent des vêtements noirs, tombant jusqu’aux talons, et attachés autourde la ceinture par des branches d'arbre. Ces hommes portent des barbes lon-gues comme celles des boucs. Les Phéniciens , franchissant le détroit deCadix , faisaient seuls du commerce avec ces lies, riches en mines de plomb etd’étain.

(3) Pline, xxxrv, 17.

(4) Pline, ibid.