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Tome premier.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

mercure prépare artificiellement. Le premier était recueilli dans lesmines de l'Espagne , sous forme « d’un liquide éternel, commel’appelaient les Romains (tiquons œferni), poison de toutes choses(venenum rerum omnium) (l).»

Ils exprimaient la densité considérable de ce métal, eu disantque toutes les matières surnagent sur le mercure, excepté l’or,qui y tombe au fond.

L’hydrargyre ou le mercure était préparé, comme il l’est encoreaujourd'hui, avec le principal minerai de mercure, appelé cina-bre [cinnabaris], i[ue l'on confondait souvent, à cause de sa cou-leur rouge, avec le minium ou le mil/os des Crées, erreur qu’a-vait déjà signalée Rioscoride. « C’est à tort, dit-il, que quelques-unsconfondent le cinabre avec le minium; car le cinabre s’exploiteen Espagne : les ouvriers sont obligés de se couvrir la figure avecune vessie, à cause des vapeurs mercurielles qui sont dangereusesà respirer 2). »

Dioscoride décrit ainsi le procédé d’extraction : On place dansun creuset de terre une assiette de fer contenant du cinabre, puison y adapte un chapiteau ou alambic iauoixa TrspixaQâTrcouiriv), enle lutant tout autour (îrspiaLsfixvTE; îr/jXij») ; enfin, on allume descharbons au-dessus de cet appareil. Alors le mercure se sublime etvient s’attacher au chapiteau, où, par le refroidissement, il secondense et prend la forme qui le caractérise [iizo'W/Pv.iy. kopap-ppo;yivETai) (3).

Pline raconte cette opération à peu près dans les mêmes ter-mes (4). Et Yitruve ajoute que les gouttelettes de mercure éparsesdans la fournaise sont balayées dans un vaisseau plein d'eau, oùelles se joignent et se confondent ensemble (ô ).

L'extraction du mercure, ainsi que la préparation du pompholixindiquée plus haut, étaient bien propres à conduire naturellement àla découverte de la distillation, si cette dernière opération n’eùt pasété déjà connue.

Un autre procédé pour extraire le mercure du cinabre consistait à

(1) Pline, xxxm/G.

(2) Dioscorid., v, 109.

(3) Dioscorid., Mat. med. lib.Jv, 110.

(4) Pline, xxxih, 8.

(ô),Vitruve , lit», vii, 8.