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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉrOQl'E. 1 3.»

piler (avec des pilons métalliques) un mélange pâteux de mineraiet de vinaigre, dans des mortiers de cuivre (t). On comprend que,dans cette opération, le pilon et le mortier métalliques sont atta-qués, et réduisent le cinabre en s'enqarant du soufre et en met-tant le mercure en liberté. L’intermédiaire du vinaigre est propreà hâter cette action.

On purifiait le mercure en l’amalgamant avec de l’or, et en lepassant à travers les pores d'une peau ou d'un linge (2). Ce procédéservait en même temps dans l’affinage de l'or.

« Le mercure, dit Yitruve, sert à beaucoup de choses; car onne peut, sans le mercure, bien dorer ni l'argent ni le cuivre. Lors-que les étoffes tissues d’or sont usées, pour en retirer l’or, on lesbride dans des creusets; et la cendre étant jetée dans l’eau, on yajoute du vif-argent, qui s’empare de toutes les parcelles d’or (id au-tem omnes micas auri corripit in se, et votjit seeum coire). Aprèsavoir décanté l’eau, on met l’amalgame dans un linge, qui, étantpressé avec les mains, laisse passer le vif-argent liquide et retientl’or pur ;3). »

Voilà un procédé aussi simple qu’ingénieux, pratiqué il y a deuxmille ans, et qu’on ne se refuserait pas d’employer même aujour-d’hui.

Bien que les anciens nous parlent des propriétés vénéneuses dumercure, ils ne l'ont pourtant nulle part mention du sublimé cor-rosif ni d'aucun autre composé mercuriel, si ce n’est du sulfurenaturel cinabre) , avec lequel ou préparait des liniments employésen frictions sur la tète et sur le ventre.

On voit que le mercure n'avait pas encore alors l’importance quelui attribuèrent plus tard les alchimistes, qui en firent le principalélément des métaux.

Ne pourrait-on pas trouver un commencement, peut-être la clefde cette doctrine des alchimistes, dans un texte très-explicite deDioscoride , qui dit ; « Quelques-uns racontent que le mercure existeessentiellement et comme partie constituante (xaO’lxuTrjv) dans les

(1) Pline, xxxiu, 8.

(2) In pelles subactas elïunditur, per quas sudoris vice defluens, purum re-linquit aurum. Pline, loco cit.

(3) Vitrine, liv. vu, 8.