rnEMIÈRE ÉPOQCE. 139
suffiraient pour nous en convaincre, si nous ne savions pas com-bien il est difficile, même à l’aide de nos moyens d'analyse,d’obtenir le chlorure de sodium, le carbonate de soude, le ni-tre, etc., purs et exempts de toute combinaison étrangère.
L’évaporation spontanée ou artificielle des eaux de mer et desfontaines salées constituait et constitue encore, indépendammentdes gisements naturels, la principale source des sels alcalins.
Carbonate de potasse, carbonate de soude. — Il est incontes-table que la substance que les Grecs et les Romains désignent par lemot nitrum (verpov) est tantôt notre potasse du commerce car-bonate de potasse impur), tantôt, mais plus rarement, le nitre(azotate de potasse) proprement dit, tantôt enfin la soude du com-merce (carbonate de soude impur). Dans ce dernier cas, nitrum estsynonyme de nation (t ). Quelquefois meme le carbonate de potasse,ainsi que tout autre sel alcalin, porte tout simplement le nom desel (sal.
I.a potasse du commerce, appelée plus tard sel alcali végétal,se préparait, dans l’antiquité comme aujourd'hui, en filtrantl’eau à travers les cendres des végétaux ( lixiviation ). L’eau, ainsichargée de tout ce qu’elle a pu dissoudre, laisse, après l’éva-poration, un dépôt salin au fond du vase. Pour préparer ce sel,les anciens n’employaient pas indifféremment les cendres detoute espèce de végétaux, ils choisissaient de préférence cellesdu chêne, du coudrier 'corylus ), des roseaux, de la vigne et de lafougère.
Ils n’ignoraient pas que le sel végétal carbonate de potasse)se liquéfie facilement au contact de l’air humide, et qu’en celail diffère d’un autre sel analogue (carbonate de soude), qui sechange a l’air eu une poussière blanche (efflorescence). Ce derniers’obtenait par l’évaporation des eaux de certains lacs de l'Égypte ,de la Macédoine, etc. (2).
Les médecins de Rome et de la Grèce connaissaient la propriétécautérisante des sels alcalins, car ils les prescrivaient pour fairetomber les poils ( detrahit pilos efficacissime) (3). Ils les incor-
(1) voy. pag. 52 .
(2) Pline, xxxi, 7.
(3) Ibid.