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Tome premier.
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149
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PREMIÈRE ÉPOQCE. 149

La fabrication et l’usage du verre étaient depuis longtemps con-nus en Égypte et en Phénicie (l). Du temps de Pline, on commen-çait à établir des verreries dans les Gaules et en Espagne . Ce-pendant le verre était encore fort cher à Rome à l’époque despremiers empereurs, puisque Néron paya deux coupes de verred’une capacité médiocre, au prix de G,ooo sesterces ( environG00 francs), et que Pline nous apprend que les vases de verreétaient même préférés aux vases d’or et d’argent.

Voici comment cet auteur raconte la fabrication du verre :« Une verrerie se compose de plusieurs fourneaux contigus, commeceux des fondeurs de cuivre. On fait d’abord fondre, dans un pre-mier fourneau, du sable blanc pilé, recueilli à l'embouchure duYulturne, avec trois parties de nitrum (carbonate de potasse ou desoude) (2). On reprend ensuite cette masse fondue et refroidie (ap-pelée ummo-nitron, sable-nitre) pour la faire recuire dans un se-cond fourneau. C’est après cette seconde fusion que l'on obtient leverre pur, sous la forme d une masse vitreuse et transparente(massa vitri eandidi). Cette masse est ensuite travaillée dans lesateliers, où les uns lui donnent en soufflant la forme qu’ilsveulent [aliud Jlatu figuratur) , tandis que les autres la façonnentau tour ou la cisèlent, comme une matière d’argent ( aliud tonioterilur, aliud argenti modo vœlatur) (3). »

Ainsi les anciens en savaient là-dessus à peu près autant quenous.

Les Romains et les Grecs, auxquels leurs richesses permettaientce luxe, buvaient dans des coupes de verre (4). Ils se servaientde cette substance pour orner les murs de leurs appartements, àpeu près de la même manière que uous ornons les nôtres avec desglaces et des trumeaux (5).

Pline mentionne même des miroirs de verre qu’on aurait fabri-qués à Sidon ; mais il n’en donne aucun autre détail (6).

(1) Voy. p. 57.

(2) On y ajoutait une certaine quantité d’oxyde de fer (aimant), et même quel-quefois des coquilles de crustacés. Pline, xxxvi, 26.

(3) Pline, ibid., 2G.

(4) Aristopk., in Arachn., v. 73 et 74; èiciyo|i£v è? ûoO.tviov èx-&gx:<ov,nous bûmes dans des vases de verre.

(5) Senec., Epist. 86. Pauper sibi videtur ac sordidus , nisi parietes magnis etpretiosis orbibus refulserunt, — nisi vitro absconditur caméra.

(6) Pline, xxxvi, 2G. Dutens (Origine des découvertes, etc., 2 vol.; Paris , 1812)