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HISTOIRE DE LA CHIMIE,
Ce ne fut que vers la fin du m e siècle (î ; que l’on fit usagedu verre pour en construire des fenêtres, afin de jouir du bienfaitde la lumière, à l’abri du froid et des injures de l’air. Avant cetteépoque, les riches se servaient, à la place des vitres, de la corne,des pierres translucides, telles que la pierre spcculairc (verre deMoscovie), la phengite (cristal de roche), l’agate, etc. ; les pau-vres étaient exposés à toutes les incommodités du vent, du froidet de l’humidité ( 2 ).
Les fenêtres des palais impériaux à Rome étaient encore, au i eret au 11 e siècle, construites avec ces matières, comme nous l’ap-prend Philon dans son ambassade auprès de Caligula : « Cet em-pereur courut dans une grande chambre, et, se promenant de longen large, il ordonna qu’on ouvrit les fenêtres, faites de pierrespresque aussi transparentes que le verre; elles u’interceptent pointla lumière, tout en empêchant le vent d’y pénétrer, et elles pré-servent contre la chaleur du soleil (3). >*
On a trouvé (en 1778) dans les fouilles de Pompéi, près de Na-ples , des salles de bain garnies de fenêtres en verre aussi bellesque les nôtres (4).
Pline rapporte, comme un bruit qui courait de son temps, qu’onavait découvert, sous le règne de Tibère , un procédé pour rendrele verre flexible, au moyen d’une espèce de trempe; mais quela fabrique de l’inventeur fut irrévocablement détruite, afin deprévenir la dépréciation qu’auraient subie le cuivre, l’argent etl’or (5).
se trompe évidemment, quand il prétend que Pline parle, dans le passage criti-qué, de miroirs de verre et de feuilles d’or appliquées derrière, au lieu demercure, etc.
(1) Lact., De opificio Dei, c. 8.
(2) Plutarch. , Placit., ni, 5; Senec.,F.pist., 90; Martial.,Epig., vin, épig. 14et 68.
(3) Philo, De legatione ad Caicium Caliguluin.
(4) Dutens, Origine des découvertes, t. n.
(5) Pline, xxxvi, 26; Conf. Petron. Arbit. ; Dio Cassius , lvii, p. 017 ; Isid.,Orig., xvi, 15.