PREMIÈRE ÉPOQUE.
loi
§ 44.
Verres colorés. — Pierres précieuses, naturelles et artificielles.
Pline parle d’une espèce de verre noir, qu’il appelle obsidien,à cause de sa ressemblance avec la pierre qui porte ce nom (l).
« J’en ai vu, dit-il, des statues massives représentant l’empereur Au-guste , qui aimait beaucoup ce genre de verre. On le fabriquedans les verreries où l’on colore leverre (fit et fineturœ genere obsi-dianum). On fabrique aussi du verre rouge de sang, appelé hœma-iinon (deatua, sang), puis le verre blanc, leverre murrhin,le verre qui imite le saphir, l’hyacinthe; enflu des verres detoutes couleurs (et omnibus aliis coloribus ). Nulle matière n’estaujourd'hui plus maniable (sequacior), et plus propre à prendretoutes les teintes. «
I.es abraxas, les amulettes, et les espèces de jetons de jeux appe-lés abaculi, que l’on conserve aujourd’hui dans les musées d’ar-chéologie,témoigneraient suffisamment, en l’absence de toute autrepreuve, en faveur de la connaissance qu’avaient les anciens dela fabrication des verres colorés.
Dans une contrée] de l’Arabie voisine de l’Égypte , on fait, ditDiodore , du cristal par le moyen du feu divin (ôto ôeîou mipo'ç). Cecristal reçoit différentes couleurs par le dégagement d’un esprit (?a-(pr,vai 7roX'ju.ôpÿioç àvaOuijuaaet irvsuaaTo;). On fabrique des éme-raudes et des béryls dans des forges d’airain. Toutes les couleurssont, ajoute le môme auteur, un effet de la lumière (và -/pwuaTa
to cpXç (x-rrepYctCecf)ai ) (2).
Rien n’est plus obscur que l’histoire des pierres précieuses. Ilest impossible de se reconnaître au milieu de ce déluge de déno-minations, telles que onyx, sardonyx, chrysoprase, œrizusa,cyanos, capnias, jasponyx, chryselectron, leucochryse, méli-chryse, astros, iris, alectorie, etc. (3).
Il nous intéresse d’ailleurs fort peu de savoir si l’anneau de Po-
(1) Ad similitudiuem lapidis quam in F.thiopia invenit obsidius, nigerrimicoloris, aliquando et translucidi. Pline, xxxvi, 16.
( 2 ) Diod . Sieul., il, p. 163, t. î, edit. xvesseling. -
(3) Pline donne, en terminant son Histoire Naturelle (au chap. 10, liv xxxvii),
une liste des pierres précieuses. .
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