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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
lyerate, qui lut, dit-on, retrouvé par un cuisinier dans 1 2 3 le ventred’un poisson, était une topaze ou un saphir, ou si celui de Pyrrhus ,sur lequel on voyait gravés Apollon et les neuf Muses, était uncorindon ou un rubis.
Le diamant (adamas ) était tout aussi estimé des Grecs et desRomains qu il l’est de nos jours. Sa dureté était, depuis long-temps, passée en proverbe. Pline parle de la cristallisation du dia-mant à six faces et à six angles ( 1 ). On exploitait des mines dediamant en Éthiopie .
L’émeraude (smaragdvs) était particulièrement affectionnée parles Romains. Le dictateur Sylla se servait d’un cachet en éme-raude, représentant Jugurtha livré aux Romains. Le sceau de Mé-cène, ministre et favori d’Auguste , avait la forme d’une grenouille.« On redoutait, dit Pline, beaucoup ce sceau, parce qu’il servaità sceller les édits pour la levée des impôts. « Néron regardait àtravers une émeraude les combats de gladiateurs.
Les rubis ( carbunculi ) étaient également en grande faveur. Onen faisait venir des Indes et du pays des Garamantes . On appelaitrubis femelles ceux dont l’éclat était plus faible (2).
De toutes les pierres précieuses, celles qu’on imitait le plus com-munément étaient l’émeraude et le rubis. On imitait l’émeraudeau moyen du cuivre incorporé dans une masse vitreuse, et lerubis au moyen du fer. .Mais ce qui ne doit pas moins nous sur-prendre, c’est qu’on savait déjà fort bien distinguer une pierreartificielle d’une pierre naturelle. Dans ce but, on se servait d’unepierre dure siliceuse (cotes ), qui dev ait entamer ou rayer l'une, etlaisser l'autre intacte. «Car, ajoute Pline, la matière des pierresimitées est plus tendre (mollior etiim jnateria ). » On les distinguaitégalement au poids, ainsi qu’à d’autres caractères physiques exté-rieurs. « Toutes les pierres précieuses, v raies ou fausses, sont rayéespar le diamant (3). »
Ce serait ici le cas, si notre sujet le permettait, de tracer le tableaudu luxe effréné des empereurs et des dames romaines, de la ma-gnificence que les vainqueurs déployaient dans les triomphes.
(1 ) Pline, xxxvii , 4.
(2) Pline, iliid., fi.
(3) Pline, ibid.