PREMIÈRE ÉPOQEE. 1 59
et dans les ruines de Pompéi . H. Davy a donc rendu un grandservice à l’histoire de la chimie, en analysant les échantillons decouleurs anciennes que lui avait procurés son illustre ami (’.anova,chargé du soin des travaux relatifs aux anciens arts à Rome . C’estde ce travail de Davy que nous emprunterons quelques-uns desdétails qui doivent ici nous intéresser.
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Couleurs rouges et jaunes.
Le vermillon était, depuis la plus haute antiquité, employé enpeinture. On se rappelle sans doute l'épithète de ptXroTràpqoi, àjoues rouges, qu Homère donne aux vaisseaux des Achéens. Lescenseurs de Rome étaient, par leurs fonctions, obligés, les joursde fête, de faire peindre la face de la statue de Jupiter en ver-millon; et les généraux romains, témoin Camille, avaient la cou-tume, pendant leur triomphe, de s'en barbouiller le visage (l).Le vermillon était également employé pour enluminer des carac-tères tracés sur de l’or ou sur du marbre, et jusqu’aux inscriptionsdes sépulcres , comme on le voit sur les cippes, et sur beaucoupd’autres monuments parvenus jusqu’à nous.
Il est bon de signaler ici une confusion de termes qui, commenous l’avons déjà lait observer, se reproduit souvent chez les auteursanciens. Le minium des Latins , ou le [xiatoç des Grecs, est tantôtle vermillon (sulfure rouge de mercure), tantôt le véritable minium(oxyde de plomb) ; ainsi le môme mot se trouve applique à deuxsubstances essentiellement différentes, et qui ne se ressemblent quepar leur couleur.
Du reste, les auteurs, et entre autres Pline, ont eux-mèmes soinde nous avertir qu’il y a « deux espèces de minium : l’un naturel,d’un beau rouge, provenait des mines d’Espagne (2) ; on l’appelaitaussi cinnubaris; » c’est là notre véritable cinabre. Rome tirait annuellement de la province d'Espagne , sous forme d'impôt, dixmille livres de cette substance, dont le prix était taxé par desrèglements particuliers. « La société à laquelle l’exploitation ,desmines d’Espague était affermée réalisait de grands bénéfices, en
(1) Pline, xxxm, 7.
(2) Ces mines de mercure sont encore exploitées aujourd’hui.