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Tome premier.
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UISTOIRE DE LA CHIMIE.

Les pierres étésienne, thébaïque, ténarienne, pcenique, employéesdans la fabrication des pilons et des mortiers, n'étaient autre chose(pie des variétés de marbre.

Les Romains mettaient un soin tout particulier dans le choix etla préparation des matériaux qui devaient entrer dans la composi-tion du mortier destiné à la construction des murs. Nous ne pou-vons assez admirer la solidité de l’architecture romaine dans lesmonuments qu’a respectés le vandalisme des barbares.

La préparation d’un bon ciment était pour ainsi dire une affaired'état. Les édiles et même les censeurs s’en mêlaient.

« Caton le Censeur n'approuve point, dit Pline, la chaux pro-venant de pierres de différentes couleurs ; la meilleure est celle quel’on fait avec une pierre calcaire blanche. Celle qui est faite avecune pierre calcaire dure convient mieux pour les constructions(structuræ utilior) ; l’espèce poreuse est plus propre aux murailles.La chaux provenant des pierres retirées du sein de la terre estpréférable à celle des pierres qu'on trouve aux bords des rivières.La chaux de la pierre meulière est la meilleure, parce qu’elle estd’une nature plus grasse que les autres.

o C’est un sujet d’admiration de voir la chaux brûlée s’échaufferd’elle-méme lorsqu’on y verse de l’eau (l). »

Ainsi, la délitescence de la chaux, la chaux vive et la chauxéteinte, sont des faits connus depuis longtemps. Mais des siècles sepassèrent avant qu’on pût les comprendre et les expliquer scienti-fiquement.

« Quant au sable, continue Pline, qu’on ajoute à la chaux, il yen a trois sortes : le fossile, qu’il faut mélanger avec un quart dechaux; le fluviatileou marin, qu’on mélange avec un tiers de cettesubstance (2). On rend le mortier encore meilleur, en y ajoutant untiers de tessons concassés. Il est bon de rappeler qu’il existe uneancienne loi édilienne qui prescrit aux entrepreneurs de calciner lachaux au moins trois ans avant de l'employer dans la préparationdu mortier. Dans les endroits voisins de la mer [ubi salsugo vitial ),il est convenable de substituer au sable des tessons concassés. »

Le ciment des mosaïques parait avoir été fait avec un mélange

(1) Pline, Hist. liât., xxxvi, 23.

(2) Ceci est entièrement conforme à ce que dit Vitruve : « Quand la chaux estéteinte, il en faudra mêler une partie avec trois parties de sable de rivière ou denier. » Ajcliit., lit*. 11 , ô.