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Los anciens avaient certainement quelques notions, quoique très-vagues, des corps aéri formes, appelés plus tard gaz, qui se dévelop-pent naturellement ou accidentellement. Les expressions telles quespiritus , flatus , halitus , aura, emanatio, nubila, et beaucoupd’autres qu’on rencontre chez les auteurs, en font foi.
Galien dit que la flamme est un air enflammé (?).<>; àr.p èxirupo)-Osîç), et que le roseau brûle, non parce qu’il est sec, mais parcequ’il contient beaucoup d’air susceptible de s’enflammer (l).
Ne dirait-on pas que, par une sorte d’intuition spontanée, Galien pressentit la découverte des gaz incaudescents, tels que l’hydrogène,l’hydrogène bicarboué, l'oxyde de carbone, etc. ?
Emanations irrespirables. Les ouvriers travaillant dans lesmines savaient qu’il existe des lieux souterrains où les lampes allu-mées s'éteignent, et où l’on s’expose à mourir d’asphvxie. Ces acci-dents étaient primiliv ement, et avec raison, attribués à des airs irres-pirables, que la superstition des siècles subséquents transforma eudémons et eu esprits malins. C’est ainsi que l’homme est condamnéà méconnaître la vérité, lorsqu’elle se présente à lui de prime-abordtout naturellement : pour être convaincu, il faut qu’il y arrive pardes efforts pénibles et par une expérience de longue durée. C’estdepuis cent ans à peine que la science a démontré que les nains ma-licieux qui soufflent la lampe du mineur pour l’égarer, et que toutce cortège de fantômes souterrains enfantés par la superstition dumoyen âge, ne sont autre chose, comme l’avaient déjà pensé lesGrecs et les Romains, que des airs ou des gaz irrespirables, tels quel’acide carbonique, l’azote, l’hydrogène, des carbures d’hydro-gène , etc.
Pline et d’autres auteurs parlent de grottes dans lesquelles péris-sent les chiens ou les animaux d’une taille peu élevée; phénomène
(1) Gai., (te Simplic. medic. facult., i, 14 ; t. xm, édit. Chartier. On lit, clansles œuvres de saint clément d’Alexandrie, un passage très-curieux qui pourraitfaire présumer la connaissance de l’oxygène déjà aux premiers siècles denotre ère, s’il était |termis de formuler une opinion d’après quelques lambeauxd’idées détachées. « Les esprits se divisent, y est-il dit, en deux catégories : unesprit pour le feu divin, cpii est l’àme, et un esprit matériel (acagavixovTT'/Eùp.a) , qui est la nourriture du feu sensible et la base de la combustion (toâa : .afhr,TOÜ ttjoo; Tfo^r, xal j— saxaupa yivETa). Seiltenlice J'heodoli , in op. Clem.Alex., cd. Heins. ; Lugd. Bat., 1610, in-fol.