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HISTOIRE DE LA CIIIMIE.
sions ne soient pas trop profondes. Le suc qui s’en écoule ne tardepas à s’épaissir ; lorsqu’il est sec, on l’enlève avec l’ongle, on le pile,et on le réduit en troeliisques (pastillas). On reconnaît l’opium àson odeur forte et vireuse ; étant allumé, il donne une flamme claireet brillante : c’est ce qui distingue le véritable opium de l’opiumfalsifié, qui s’enflamme plus difficilement et s’éteint plus vite. Ous'assure encore de sa bonté en l’exposant aux rayons ardents dusoleil ; car alors le vrai opium sue et se liquéfie de manière à prendrel’aspect d’un suc nouvellement découlé de l'arbre. L’opium est leplus souvent falsifié avec du suc de laitue. »
Voilà, en résumé, ce que Dioscoride et Pline nous apprennentà propos de l’opium, qui est bien, à n’en pas douter, celui de nosofficines (l).
Le meconion des anciens n’est point notre opium, comme on l’asi souvent répété.
« Le liquide provenant de la décoction des feuilles et des tètes depavot dans l’eau, s’appelle méconium. 11 a bien moins de force quel’opium (tnultum opio ignavior ). » (Pline, xx, 18.)
11 est impossible de définir plus clairement le méconium.
« Le diacode (2) se fait de la manière suivante : Prenez cent vingttètes de pavot sauvage (p. sylvestris ), faites-les macérer deuxjoms dans trois sextaires d’eau de pluie; puis, faites-les bouillirdans la même eau. Passez la décoction à travers un linge ; reprenezla colature avec du miel, et évaporez-la jusqu’à réduction de moitié. >>(Pline, xx, 19.)
C’est là à peu près notre sirop diacode, dans lequel le sucre rem-place le miel.
La culture des pavots était, dès les temps antiques, très en fa-veur chez les Romains. On se rappelle que Tarquin le Superbe ,pour toute réponse aux ambassadeurs que son fils lui avait envoyés,fit abattre, en leur présence, les tètes des pavots de son jardin ( 3 ).
L’emploi de l’opium, dont on faisait un grand commerce àAlexandrie , fut le sujet de grandes disputes parmi les médecins del’antiquité. Érasistrate et Diagoras le condamnèrent, il y a plus de