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HISTOIRE DE U CHIMIE.
bien qu’on n’en ait pas mis. Mais si on le laisse tremper dans duvinaigre, il reprend son premier goût (l). »
Ce l'ait se conçoit et s’explique. Le fromage développe, à mesurequ’il vieillit, beaucoup d’ammoniaque, qui, étant neutraliséeparle vinaigre, doit, à peu de chose près, restituer au fromageson premier goût.
C’est donc un moyen chimique qu’employaient ici les anciens :ils saturaient une base alcaline par un acide. C’est ainsi que lesfaits précèdent les théories.
Le fromage au vinaigre parait avoir été fort du goût des Grecset des Romains, dont la cuisine ne flatterait guère Aujourd’hui lepalais de nos gourmets, du moins à en juger d’après la composi-tion du fameux myma , espèce de ragoût dont parle Athénée. Envoici la recette : poulet et intestins hachés, mélangés avec du sang,avec du vinaigre, avec du fromage rôti, et assaisonnés de cumin,de thym, de coriandre, d’oignons grillés, de raisins secs, de mielet de grains de grenades. — Il faut avouer que, si les anciens ne sebrûlaient pas l’estomac avec l’eau-de-vie, ils le cautérisaient avecdes épices, dont ils faisaient un grand abus.
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Poisons.
C’est une vérité bien triste à confesser, que les vices de l’hommesont peut-être le plus puissant auxiliaire du progrès de la chimie.A combien d’importantes découvertes n’ont pas donné lieu lafraude, l’avarice, la fausse monnaie et l’empoisonnement?
N’est-ce pas un spectacle bien digne de la méditation du philo-sophe, devoir les mauvaises passions, la fange de l’humanité ser-vir, en quelque sorte, d’engrais à une des plus belles sciences dontl’homme puisse se glorifier ?
La connaissance des poisons est aussi ancienne que le crime ; cequi revient à dire qu’il est impossible d’en fixer l'époque.
Soit par respect pour la morale, soit par obéissance à des loisétablies, les auteurs anciens s’étaient imposé le silence le plusabsolu sur la matière toxicologique. Qu’on se rappelle seulement le
(1) Pline, xi, 42.