l'UKMlEKE ÉPOQUE.
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L. Poisons tirés du règne minéral.
l. Sandaraque. — Arsenic (l). — Dioscoride est le premier quise soit servi du nom d’arsenic. Voici ce qu’il en dit : « L’arsenicse produit dans les mêmes mines que la saudaraque. Celui qui seprésente sous forme de morceaux compactes, écailleux, d’unjaune d’or et pur de tout mélange, est réputé le meilleur. Outrouve de l’arsenic à Mysie dans niellespont. Il y en a deux espèces :d’abord celle qui vient d’être indiquée ; ensuite celle qui nous ar-rive du Pont et de la Cappadoce , et qui est en morceaux semblablesà la saudaraque (2). »
Ainsi, ce que Dioscoride appelle ici arsenic n’est autre chosequ’un sulfure d’arsenic comme la saudaraque. Mais laissons-lecontinuer : « L’arsenic se torréfie de la manière suiv ante : Mettez-ledans un test (capsule) neuf, et chauffcz-lc sur des charbons ar-dents, jusqu’à ce qu’il brûle et qu’il change de couleur. On lelaisse alors se refroidir ; on le triture, et on le conserve en poudre. •
Quelque imparfait que soit ce procédé, puisque la plus grandepartie de l'arsenic devait se perdre par la sublimation, il devaitnéanmoins fournir une certaine quantité d'arsenic blanc (acide arsé-nieux). Et comme les anciens savaient extraire le mercure du cina-bre par voie de sublimation, il est rationnel de croire qu’ils se ser-vaient du même moyen pour préparer avec un sulfure naturell’arsenic blanc, qui fut plus tard appelé arsenic sublimé.
L’est ce dernier arsenic (acide arsenieux) qui donne si sou-vent lieu à des cas d’empoisonnement, que les anciens employaientcomme caustique, et sous la forme d’onguent. épilatoire), pour fairetomber les poils.
Eu résumé, l’arsenic des anciens est tantôt un sulfure purd’arsenic, tantôt de l’arsenic sublimé (acide arsenieux).
La sandaraque ou orpiment, et l’arsenic (sublimé), étaientcomptés au nombre des poisons.
« La sandaraque et l’arsenic, pris en un breuvage, occasion-nent, dit Dioscoride , de violentes douleurs dans les intestins, qui
(1) Arsenic (àpævixôv) signifie male, par allusion à la doctrine mystique duprincipe mile et du principe femelle des alchimistes. Voy. pag. 23.
(2) _Dioscorid., v, Mat. med., 121.