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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQUE.

périmenté les poisons et leurs antidotes sur des hommes vivants,sur des condamnés à mort (l).

Les poisons septiques, empruntés au régne animal, obtenaient engénéral la préférence sur les autres poisons. Diodore raconteque les Indiens avaient l liabitude de tremper leurs (lèches et leurslances dans un poison mortel. Ce poison était, ajoute-t-il, fait avecdes serpents pourris. Ceux qui étaient blessés par ces armes em-poisonnées mouraient au milieu de convulsions horribles, et le ca-davre prenait aussitôt une teinte livide 1 2).

$ 81.

Des poisons lents.

On a beaucoup effrayé le public du secret redoutable qu’auraienteu quelques personnes de sa\ oir préparer des poisons dont l’action netuerait qu’au bout d'un certain temps. On croyait surtout les Ita-liens, au xvi” siècle, du temps de Catherine de Médicis , très-ver-sés dans la connaissance de ce secret. La tradition de la con-naissance de pareils poisons remonte à une époque bien pluséloignée de nous; car Théophraste , qui vivait au 11 e siècle avantJ. c. , parle déjà d'un poison qui tue au bout de deux, de troismois, ou même au bout d'un à deux ans ; en un mot, à un termelongtemps fixé d’avance (3). Il ajoute que ce poison se préparaitavec l’aconit, plante qu’il était défendu, sous peine de mort,de cultiver dans les jardins. Tacite reproche à Séjan d'avoir faitmourir Drusus à l’aide d’un poison lent '4'. Tout le monde con-nait 1 histoire de la célèbre empoisonneuse Locuste, qu’Agrippine et Néron comblèrent de bienfaits, en récompense des crimes qu’elleavait commis, sur l’ordre de ces fléaux de l'humanité. Pour parvenirau trône, Néron fit empoisonner Germanicus et Britannicus : lepremier, par un poison lent ; le dernier, par un poison très-prompt.Comme, dans une première tentative, le poison n’avait eu poureffet qu’une violente purgation, Néron contraignit Locuste, avec

(1) Gai., De siinpl. med. fac., c. xxm.

(2) Diodor . Sic., Bibl. Iiist., xvn, p. 240, t. n; edit. Wesseliiig; Amstelod.,1746.

(3) Hist. plantar., îx, c. 16

(4) Taciti Annal., lib. îv, c. 8.