PREMIÈRE ÉrOQUE. 219
qui jusque-là ne paraissait pas avoir de nom, remontent au m* ouau i\ e siècle de notre ère.
Sealiger parle d’un manuscrit de Zosime (intitulé ’KWjô) , dontil cite le passage suivant (l) :
i Les écritures sacrées disent que les anges, épris d’amourpour les femmes, enseignaient à celles-ci toutes les œuvres de lanature. De ce commerce des anges avec de simples mortelles na-quit la race des géants. Le livre dans lequel ils enseignaient les artsest appelé \r;u.a ( Chema); de là le nom de chemia, appliqué àl’art principal (svOev xa't \ XV/yr, yyu. sîa xa/.EÎTXt) ( 2 ). »
Saint Clément d’Alexandrie parle d une tradition analogue, sansse servir cependant du mot chemia (3).
Mais voici deux auteurs, l'un du îv* et l’autre du v e siècle, quidésignent, pour la première fois, en termes non équivoques lascience dont nous essayons de tracer l'histoire.
Le premier est Alexandre d’Aphrodise , célèbre commentateurdes œuvres d’Aristote . Dans le manuscrit grec du commentaire desmétéorologiques (ms. n° 1880 , in-4°, de la Bibliothèque royale deParis ), il est question, à propos delà fusion et de la calcination,d’instruments chimiques ou chyiques, fol. 15G : Aix yui/.<ov àpyâ-vwv é J/ouévojv (4). Le creuset (-n-yavov) destiné à faire fondre des mé-taux était un de ces instruments.
Les mots /ui/.x ôp-pvx, employés par Alexandre d’Aphrodise ,nous donnent en même temps la véritable clef de l'étymologie dumot chimie, sur lequel on a tant discuté. Ce mot vient évidemmentde /e'o) (yE'io)), couler, fondre. De là yynxà ou yujjuxà opyavx, ins-truments chyiques ou chymiques.
Le second auteur est Jul. Firmieus, qui, en parlant de l’in-fluence des astres sur les dispositions intellectuelles de l'homme,dit : « Si c'est .Mercure, il s’adonnera à l’astronomie ; — si c’estMars, il embrassera le métier des armes ; — si c’est Saturne , il selivrera à la science de 1 alchimie [scientia alchemiœ) (•>).
(1) Le ms. de Zosime , dont parle Sealiger, n’existe point à la Bibliothèqueroyale de Paris , connue l’affirme ce savant (Sot. ad Euseb chrome. ).
(2) Ola. Borrichii de Orlu et progressu Chemiæ., in Bibl. Manget. , t. i,p. 2.
(3) Clem. Alex., Stromat., lib. v.
(4) Il est bon de faire observer que le texte grec de ce manuscrit diffère no-tablement de la traduction latine imprimée à Venise en 1548, in-4°.
(5) Julii Firmici Materai Matli., lib. m, c. 15.