Band 
Tome premier.
Seite
223
JPEG-Download
 

223

PREMIÈRE ÉPOQUE.

|,es phénomènes si remarquables de 1 iris et de Y éclair, que pré-sente l'argent soumis à la coupellation, devaient aussi singulière-ment occuper l'imagination de l'artiste sacré.

1° On verse un acide fort sur du cuivre : le métal est attaqué, etfinit, au bout de quelque temps, par disparaître, en donnant nais-sance à une liqueur verte, aussi transparente que l'eau pure. Enplongeant dans cette liqueur une lamelle de 1er, on observe quele cuivre reparaît avec son aspect ordinaire, en même temps quele 1er se dissout à son tour.

Quoi de plus simple que de conclure que le 1er s’est transforméen cuivre?

Si, à la place de la dissolution de cuivre, on avait employé unedissolution de plomb, d’argent ou d'or, on aurait dit que le fer s'esttransformé en plomb, en argent ou en or.

Ainsi, la fameuse théorie de la transmutation des métaux, adop-tée par les alchimistes, est fondée sur quelques faits réels, maisnon compris, et mal interprétés. Au reste, cette théorie, consi-dérée au point de vue de la science d'alors, n’était pas aussi ir-rationnelle qu elle nous le parait aujourd'hui. Le point de départde tout raisonnement était l'observation et l imitation de la nature.Les métaux étaient assimilés à de véritables êtres animés, a)mit,comme les végétaux et les animaux, leur vie propre; car la divi-sion des corps en organiques et en inorganiques, division qui n'aaucune valeur philosophique, est d’une date assez récente.

Que voit-on dans la nature? des transformations. Les écritsdes chimistes anciens sont pleins d’allusions mystiques et allégori-ques sur la germination, sur la génération, sur la transformationde la graine en plante, des fleurs en fruits, etc.

Faut-il donc leur en vouloir d'avoir établi la théorie de la trans-mutation sur un simple phénomène d’échange ou de substitutionqu’on explique à présent, mais qu’il était alors impossible de com-prendre de la même manière qu'aujourd luii?

Se moquer, comme on l'a fait, de la théorie de la transmutation,cela est non-seulement injuste, mais ridicule et absurde.

Il est une considération qui devrait nous rendre extrêmementprudents et circonspects dans nos jugements. La voici : si noussommes à même d'apprécier l'insuffisance ou la fausseté des doc-trines de nos prédécesseurs, c'est grâce aux découvertes qui ont étélaites ’ espace de temps qui nous en sépare. Et nous,

ne faisons-nous pas tous les jours des théories auxquelles nous te-